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LIVRE IV.

Juin i8oo. dont le nom figurait actuellement à Paris était l’un de sesfrères.

Surprise et joie On devine aisément la surprise des Italiens quand tout à

des Milanais en

apprenant l’arri- coup on leur annonça qu’une armée française se montrait à

vée d’une armee # 1 •

française. Ivrée, qu’elle débouchait même au delà, qu’elle marchait sur.

le Tessin, enfin qu’elle avait passé çe fleuve. On se figûrel’agitation qui régna dans Milan, les affirmations, les dénéga-tions qui se croisèrent pendant quarante-huit heures, la joieenfin qui éclata quand la nouvelle fut confirmée par la vuedn général Bonaparte lui-méme, marchant avec son état-ma-jor 5 la tête de l’avant-garde. Le 2 juin (13 prairial), le peupleentier, accouru au-devant de l’armée française, reconnut l’il-F.ntr* lustre général, qu’il avait vu tant de fois dans ses murs, l’ac-

du général 0 7 1

Bonaparte cueillit avec des transports d’enthousiasme, et le reçut comme

dans Milan. 1 '

un sauveur descendu du ciel. Les sentiments des Italiens,toujours si vifs, si démonstratifs, n’avaient jamais éclaté avectant de force, parce que jamais autant de circonstances nes’étaient réunies pour rendre la joie d’un peuple soudaine etprofonde. Le général français, entré dans Milan, se hâtad’ouvrir les prisons, et de rendre le gouvernement du paysaux amis de la France. Il donna une administration provisoireà la république cisalpine, et composa cette administrationdes hommes les plus respectables. Cependant, fidèle en Ita-lie "au système qu’il suivait en France, il ne permit ni vio-lence ni réaction; et, en restituant le pouvoir aux Italiens deson parti, il ne leur permit pas de l’exercer contre les Italiensdu parti contraire.

Après ces premiers soins donnés aux affaires du Milanais,il se hâta de pousser ses colonnes dans toutes les directions,jusqu’aux lacs, jusqu’à l’Àdda, jusqu’au Pô, de manière à pro-pager l’insurrection au profit des Français, à saisir les maga-sins de l’ennemi, à s’emparer de ses communications, et àlui fermer toute retraite. Jusqu’ici les choses allaient au mieux,car Lannes, dirigé sur Pavie, venait d’y entrer le 1 er juin, et