MAUENGO.
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hâte, et ordonna à la brigade Dedovich, qui était au pied des Juin isoo.montagnes, de se replier derrière l’Adda, par Gassano. Lui-même alla chercher un refuge derrière l'Adda, par Milan etLodi, après avoir laissé une garnison de 2,800 hommes dans.le château de Milan.
Aucun obstacle n’arrêtait désormais l’armée française. Ellepouvait entrer dans la capitale de la Lombardie, qui gémissaitdepuis plus d’une année sous le joug des Autrichiens. Jusqu’a-lors on n’avait entretenu ces malheureux Italiens que des ^ vsuccès de M. de Mêlas et de la détregge des Français. Les a-caricatures sur l’armée de réserve avaient circulé à Milanaussi bien qu’à Vienne et à Londres. On la représentaitcomme un ramassis de vieillards et d’enfants, armés de bâ-tons, montés sur des ânes, et ayant deux espingoles pour ar- ^tillerie. Tandis qu'on déversait la dérision sur la Républiquefrançaise, ce qui n’était pas bien fâcheux, on faisait peser laplus dure oppression sur les malheureux Italiens. Tout ceque la Lombardie offrait d’hommes distingués par la fortuneet les lumières, étaient en prison ou dans l’exil, surtout s’ilsavaient pris part aux affaires de la république cisalpine. Lapersécution, chose remarquable, s’était moins appesantie sur ‘t >'■ *
les patriotes exagérés, sur ceux qui correspondaient aux jaco- • v ‘bins français, que sur les hommes modérés, dont l’exemplepouvait être plus contagieux pour les peuples. Excepté quel-ques créatures fort rares du gouvernement autrichien, et quel-ques nobles attachés au parti oligarchique, tout le monde sou-pirait après le retour des Français. Mais on n’osait guèreespérer ce retour, surtout en voyant le baron de Mêlas siavancé en Ligurie, si près de prendre Gênes, de passer leVar, et le Premier Consul si occupé, en apparence du moins,des dangers d’invasion qui menaçaient la France du côté duRhin. O 11 répandait même, dans le peuple, que ce généralBonaparte, si connu en Italie, était mort en Égypte ; que, nou-veau Pharaon, il s’était noyé dans la mer rouge, et que celui