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LIVRE IV.
Juin ikùa. y avait un terme inévitable à la résistance, dans l’impossibi-lité matérielle d’exister. D’ailleurs l’armée avait le sentimentd’avoir fait tout ce qu’on pouvait attendre de son courage.Dans son intime conviction, elle ne couvrait plus les Thermo-pyles de la France, mais elle servait à favoriser une manœuvre,qui dans le moment devait avoir réussi ou échoué. Elle com-mençait à croire surtout que le Premier Consul songeait plu-tôt à étendre ses combinaisons qu’à la secourir. Masséna par-tageait ce sentiment sans l’avouer; mais il ne regardait sesdevoirs comme entièrement accomplis, que lorsqu’il auraitatteint le dernier terme possible de la résistance. Ces deuxmisérables onces de pain qui restaient à donner à chaquehomme, étant consommées, force était de se rendre. Il s’v ré-signa enfin avec une amère douleur.
Le général Ott lui avait envoyé un parlementaire, car lesAutrichiens n’étaient pas moins pressés d’en finir que lesFrançais. Ce général avait, en effet, les ordres les plus posi-tifs de lever le siège de Gênes, pour se replier sur Alexandrie.Ces offres de l’ennemi, ont dit quelques historiens, devaientéclairer Masséna. Sans doute, il savait qu’en attendant unjour ou deux de plus, il serait peut-être secouru; mais cesdeux jours il ne les avait pas. — Donnez-moi, disait-il auxGénois, deux jours de vivres, un seulement, et je vous sauvedu joug autrichien; je sauve mon armée de la douleur de serendre. —
l'imi-pariers rc- Ce 3 juin enfin, Masséna fut obligé de négocier. On parlait
latin à lu reildi- ... /, , .
tion de Gênes, de capitulation, il en rejeta l’idée de manière à ne pas per-
mettre d’y revenir. Il voulait que l’armée pût se retirer libre-ment , avec armes et bagages, enseignes déployées, ayant lafaculté de servir et de combattre, lorsqu’elle aurait dépasséles lignes des assiégeants. — Sinon, disait-il aux parlemen-taires autrichiens, je sortirai de Gênes les armes à la main.Avec huit mille hommes affamés, je me présenterai à votrecamp, et je combattrai jusqu’à ce que je me sois fait jour. —