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[Vol. 1.]
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MARENGO.

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un corps sacrifié à une grande opération ; qu’il avait voulu Juin isoo.une seule chose, c’était de retenir le baron de Mêlas surl’Apennin ; niais que, ce but atteint, il no songeait plus à ladébloquer, et marchait à un but plus vaste. — Eh bien! ajou-taient les Génois et nos soldats eux-mémes, on nous a sacri-fiés à la gloire de la France: soit; mais aujourd’hui le but estatteint; veut-on que nous expirions jusqu’au dernier? Sic’était au feu, les armes à la main, à la bonne heure; mais defaim, de maladie, c’est impossible ! Le temps est venu de serendre. — Plusieurs soldats désespérés allèrent jusqu’à briserleurs armes. On annonça en mémo temps un complot dequelques hommes égarés par la souffrance. Masséna leuradressa une belle proclamation, dans laquelle il leur rappe-lait les devoirs du soldat, qui consistent autant à supporterles privations et les souffrances qu’à braver les dangers ; leurmontra l’exemple de leurs officiers, mangeant les mêmes ali-ments, et se faisant chaque jour tuer ou blesser à leur tête.

11 leur disait que le Premier Consul avançait avec une arméepour les délivrer; que capitulant aujourd’hui c’était perdre enun instant le résultat de deux mois d’efforts et de dévouement.

Encore quelques"jours, quelques heures peut-être, disait-il,et vous serez délivrés, après avoir rendu d’éminents servicesà la patrie! —

. Aussi à chaque bruit, à chaque retentissement vers l’hori-zon, on croyait entendre le canon du général Bonaparte, eton accourait avec empressement. Un jour on se persuada quele canon retentissait à la Bocchetta ; une joie folle éclata detoutes parts: Masséna lui-même se transporta sur les rem-parts. Vaine illusion ! c’était le bruit d’un orage dans les gor-ges de l’Apennin. On retomba dans le plus morne abattement.

Enfin, le 4 juin, il ne devait plus rester que deux onces Nécessite

pour Masséna

par homme de ce pain affreux, composé avec de l’amidon et de se rendre,du cacao. Il fallait bien livrer la place, car on ne pouvait pasréduire nos malheureux soldats à se dévorer entre eux, et il