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LIVRE IV.
Juin 1800.
Brillantepoursuite(les Autrichienspar le généralSuchet.
Ke’unionde Suchetet
de Masséna.
avait arrêté l’invasion, s’étend parallèlement la ligne de la Roya,dont la source est placée au col de Tende même. Si les Françaisse portant au delà du Var, prévenaient les Autrichiens sur lessources de la Roya, ils s’emparaient du col de Tende, et ré-duisaient leurs adversaires à courir le long des crêtes de l’Apen-nin pour y trouver un passage. Cette idée juste, exécutéeavec vigueur, procura au général Suchet les plus heureuxrésultats. Il commença par déposter de Ronciglione le géné-ral Gorupp, continua do marcher vivement, par sa gauche,sur la droite ébranlée des Autrichiens, enleva successivementle col de Rauss, qui donne passage de la vallée du Var danscelle de la Roya, prit le fameux camp des Mille-Fourches, et,maître du col de Tende, se trouva, IeM er juin, placé sur laligne de retraite du général Elsnitz. Le général Gorupp, re-jeté en désordre sur la haute Roya, eut encore le temps degagner le col de Tende, mais en laissant sur la route beau-coup de morts et de prisonniers. Le général Elsnitz, avec lereste de son armée, n’eut d’autre ressource que de suivre leversant maritime de l’Apennin jusqu’à Oneille, et de revenirpar Picve et Saint-Jacques dans la vallée du Tanaro. 11 avaità traverser des montagnes affreuses, avec des soldats déjàdémoralisés par cette espèce de fuite, et ayant à ses troussesun ennemi qui passait avec joie de la défensive à l’offensive.Pendant cinq jours entiers les Autrichiens furent poursuivissans relâche, éprouvant cïbs échecs continuels; et le 6 juin,enfin, le général Elsnitz, arrivé à Orméa, n’y comptait pas10 mille hommes. 11 était le 7 à Ceva. Le général Gorupps’était retiré sur Coni avec une faible division. On évalue à10 mille la perte en hommes qu’avait faite le corps autrichiendu Var.
Le général Suchet, si long-temps séparé de Masséna, leretrouva le long du rivage, aux environs de Savone. Les 12mille Français qui venaient du Var, se rejoignirent aux 8 millequi sortaient de Gênes, et formèrent ainsi un corps de 20 mille