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[Vol. 1.]
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LIVRE IV.

Juin ltfÛO.

Le gtîndral Bo-naparte aspire,comme le ge'ne'ralautrichien,à s’emparerde Plaisance.

Le generalBonaparteintercepte tousles courriersautrichiens.

marcher de là sur Plaisance, les corps les plus rapprochés dePlaisance même avaient ordre d’y marcher en droite ligne, etsur-le-champ.

Mais il était douteux qu’on pût prévenir le général Bona-parte dans un objet aussi important. Il avait perdu dans Mi-lan cinq ou six jours à rallier le corps venu par le Saint-Gol-hard ; temps précieux, puisque Gènes avait succombé danscet intervalle. Mais maintenant que le général Moncey, avecles troupes tiréês d’Allemagne, avait franchi le Saint-Gothard,il n’allait plus perdre une minute. Placé sur la route descourriers qui de Vienne étaient adressés à Turin à M. de Mê-las, et de Turin étaient renvoyés par M. de Mêlas à Vienne, ilétait aujourd’hui initié à toutes les pensées du gouvernementimpérial. 11 avait lu, par exemple, les singulières dépêches danslesquelles M. de Thugut, rassurant le général autrichien, luirecommandait d’être tranquille, de ne pas se laisser détournerde son objet par la fable de l’armée de réserve; d’emporterbien vite Gênes et la ligne du Var, alin de pouvoir faire undétachement au profit de l’armée du maréchal de Kray, ac-culé sur Ulm. 11 avait lu aussi les dépêches de M. de Mêlas,pleines d’abord de confiance, et bientôt de trouble et d’inquié-tude. Ces jouissances furent cependant troublées le 8 juin,car il apprit, par cette même correspondance, que Massénavenait d’ôtre obligé de rendre Gênes le 4. Cette nouvelle, aureste, ne changeait en rien son plan de campagne ; car ayantvoulu se porter sur les derrières de l’ennemi pour l’envelop-per et lui faire mettre bas les armes, l’Italie et la ville de Gè-nes , s’il réussissait, étaient reconquises du môme coup. L’in-convénient véritablement grave résultant' de la prise de Gê-nes, c’était d’avoir sur les bras les troupes disponibles dugénéral Ott. Mais la dépêche interceptée portait sa consola-tion avec elle, car cette dépêche disait que l’armée de Mas-séna n’était .point prisonnière de guerre. Dès lors, si d’unepart, des troupes autrichiennes plus considérables allaient