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[Vol. 1.]
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LIVRE IV.

juin i8üo. tious. 11 avait envoyé Berthier sur le bord du Pô, et, jour parjour, souvent heure par heure, lui prescrivait, dans une cor-respondance incessante, les mouvements à exécuter.

Bien qu’en s’emparant du Pô, de Pavie à Plaisance, il fûtmaître de la ligne de retraite que M. de Mêlas devait être tentéde suivre, tout n’était pas dit cependant ; car ce qui faisait decette route de Plaisance la véritable ligne de retraite pour lesAutrichiens, c’était la présence des Français derrière le Tessinet autour de Milan. Les Français, en effet, dans cette position,fermaient le passage que les Autrichiens auraient pu s’ouvriren traversant le Pô entre Turin et Valence; mais si main-tenant, pour se porter à la rencontre de M. de Mêlas, les Fran-çais venaient passer le Pô, entre Pavie et Plaisance, et aban-donnaient ainsi Milan, affaiblissaient le Tessin, ils pouvaientfaire renaître chez M. de Mêlas la tentation de passer ou parTurin, ou par Casale, ou par Valence, de traverser nosderrières abandonnés, la ville de Milan elle-même, et de nousrendre à peu près ce que nous leur avions fait, en descendantdes Alpes.

II n’était pas impossible aussi, que M. de Mêlas, se décidantau sacrifice d’une partie de ses bagages et de sa grosse artil-lerie, qu’il pouvait d’ailleurs laisser dans les places du Piémont,ne rebroussât chemin vers Gênes, et, remontant par Tortone,Novi, jusqu’à la Bocchelta, de là se jetant dans la vallée de laTrebbia, ne vint tomber sur le Pô, au-dessous de Plaisance,aux environs de Crémone ou de Parme, et ne réussit à gagner,par cette voie détournée, Manloue et les États autrichiens.Cette marche à travers la Ligurie et les contreforts de l’Apen-nin, la même qu’on venait de prescrire au général Gottesheirn,était la moins probable, car elle présentait de grandes difficultés,et entraînait le sacrifice d’une partie du matériel ; niais elleétait possible à la rigueur, et il fallait la prévoir comme lesautres. C’est à se prémunir contre ces chances diverses, quele général Bonaparte employa tous ses soins ; et il n’y a peut-