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LIVRE IV.
Juin 1800. les plus distingués de cette époque, Desaix, qui égalait peut-Arrivée être Moreau, Masséna, Kléber, Lannes, eu talents militaires,
«le Desaix .
: ‘ U ''éneïti er ma ‘ s ( I U '> par l° s rares perfections de son caractère, les effaçaittous. Il quittait l’Égypte, où Kléber venait de commettre desfautes politiques, que nous aurons bientôt le chagrin de ra-conter, que Desaix avait voulu en vain prévenir, et dont ilavait fui en Europe le pénible spectacle. Ces fautes, au sur-plus, avaient été glorieusement réparées depuis. Desaix,arrêté près des côtes de France, s’était vu traité par lesAnglais d’une manière odieuse. Il arrivait indigné, et de-mandait à se venger les armes à la main. Il aimait le PremierConsul avec une sorte de passion; et le Premier Consul,touché de l’affection d’un si noble cœur, lui rendait la plusvive amitié qu’il ait ressentie de sa vie. Ils passèrent touteune nuit ensemble, à se raconter les événements d’Égypte etde France, et le Premier Consul lui donna, sur-le-champ, lecommandement des divisions Monnier et Boudet réunies.
Le premier Cou- Le lendemain, 12 juin, le général Bonaparte, surpris de ne
su! quitte la Stra- ,
<le!la p ievant l!ci P as voir P ara ^ re ^ es Autrichiens, ne put s’empêcher de cou-<ic l'ennemi, cevoir quelques craintes. Étonné que, dans une situationpareille, M. de Mêlas hésitât, perdit du temps, et laissât toutesles issues se fermer autour de lui, jugeant un peu trop sonadversaire d’après lui-même, il se dit que M. de Mêlas n’avaitpas pu perdre des heures si précieuses, et qu’il avait dùs’échapper, soit en remontant vers Gênes, soit en passant lePô supérieur pour forcer le Tessin. Fatigué d’attendre, ilquitta, le 12 dans l’après-midi, sa position de la Stradella, ets’avança, suivi de toute l’armée, jusqu’à la hauteur de Tortone.11 ordonna le blocus de cette place, et établit son quartier-général à Voghera. Le 13 au matin, il passa la Scrivia, etdéboucha dans l’immense plaine qui s’étend entre la Scriviaet la Bormida, laquelle ne s’appelle plus aujourd’hui que laplaine de Marengo. C’est la même dans laquelle plusieursmois auparavant, sa prévoyante imagination lui représentait