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[Vol. 1.]
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MARENGO.

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L’armée autrichienne était au désespoir. Un conseil de guerre Juin îæo.venait d’étre assemblé, et aucune des résolutions que redoutait Délibérations

dans le quartier

le général français n’avait été adoptée. On avait bien pensé géne'rai

• A x autrichien.

à se retirer par le Pû supérieur et le Tessin, ou à s’enfermerdans Gènes; mais les généraux autrichiens, en braves gensqu’ils étaient, avaient préféré suivre les conseils de l’honneur.

Après tout, avaient-ils dit, nous combattions depuis dix-huitmois comme de bons soldats; nous avions reconquis l’Italie,nous marchions sur les frontières de la France ; notre gouver-nement nous y poussait ; hier encore il nous en donnait l’ordre :c’était à lui à nous avertir du danger qui menaçait nos der-rières. S’il y a un tort dans notre situation, c’est à lui que cetort appartient. Tous les moyens proposés pour éviter larencontre de l’armée française, sont compliqués, difficiles,chanceux ; il n’v a qu’un parti simple et honorable, c’est celuide nous faire jour. Demain, il faut nous ouvrir la route auprix de notre sang. Si nous réussissons, nous regagnerons,après une victoire, le chemin de Plaisance et de Mantoue;sinon, après avoir fait notre devoir, la responsabilité de notredésastre pèsera sur d’autres que sur nous. —

Le Premier Consul n’avait pas imaginé qu’on pût perdreautant de temps à délibérer dans de pareilles conjonctures.

Mais personne n’égalait la promptitude de ses déterminations,et M. de Mêlas était dans une position assez malheureuse,pour lui pardonner les cruelles perplexités qui retordaient sarésolution définitive. En prenant le parti de livrer bataille,le général autrichien se conduisit en soldat plein d’honneur ;mais on pouvait lui reprocher d’avoir laissé 25 mille hommesdans les places de Coni, Turin, Tortone, Gênes, Acqui, Gavi,

Alexandrie, surtout après les pertes que venait de faire legénéral Ott à Montebello. Avec 25 mille hommes dans lesplaces, 3 mille en Toscane, 12 mille entre Mantoue et Venise,

•1 lui restait 40 mille hommes au plus à présenter sur lechamp de bataille, où allait se décider le sort de la guerre.