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LIVKE IV.
Juin i8uo. Voilà ce qu’était devenue cette belle année de 120 mille hom-mes, qui devait, au début de la campagne, forcer les frontièresméridionales de la France! quarante mille avaient péri, qua-rante mille étaient disséminés, quarante mille allaient combattrepour échapper aux fourches caudines ; mais, parmi ces derniers,se trouvaient une puissante cavalerie, et 200 bouches à feu.
m. «le Mêlas se II fut arrêté que le lendemain l’armée tout entière débou-
décide à livrer
bataille. cherait par les ponts de la Bormida, car il y en avait deuxcouverts par une même tête de pont, malgré les faux avisdonnés au général Bonaparte; que le général Ott, à la tète de10 mille hommes, moitié cavalerie, moitié infanterie, débou-cherait de la Bormida, et prenant sur la gauche, se dirigeraitvers un village appelé Castel-Ceriolo ; que les généraux Haddicket Kaim, à la tête du gros de l’armée, 20 mille hommes en-viron, emporteraient le village de Marengo, qui donne entréedans la plaine, et que le général Oreilly, avec 5 ou G millesoldats, prendrait à droite, en remontant la Bormida. Unepuissante artillerie devait soutenir ce mouvement. Un déta-chement assez considérable, surtout en cavalerie, fut laissé enarrière d’Alexandrie, sur la roule d’Acqui, pour observer lestroupes de Suchet, de l’arrivée desquelles on avait de vaguesnouvelles.
Bataille Nous avons décrit cette vaste plaine de Marengo, que la
de Marengo,
livrée grande route d’Alexandrie à Plaisance traverse dans toute son
le 14 juin 1800.
étendue, et qui se trouve enfermée entre la Scrivia et la Bor-mida. Les Français, venant de Plaisance et de la Scrivia,rencontraient d’abord San - Giuliano, puis, à trois quarts delieue plus loin, Marengo, qui touchait presque à la Bormida,et formait le principal débouché que l’armée autrichienneavait à conquérir pour sortir d’Alexandrie. Entre San-Giu-liano et Marengo s’allongeait en ligne droite la roule qu’onallait se disputer, et des deux côtés s’étendait une plaine cou-verte de champs de blé et de vignes. Au-dessous de Marengo,et à droite pour les Français, à gauche pour les Autrichiens,