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LIVRK IV.

Juin 1800.

Avis Je Desaixsur PëtatJe la bataille.

Nouvellesdispositionspour regagnerla bataille.

en cercle autour de lui et du Premier Consul, et discutentvivement sur cette grave situation. La plupart sont d’avis dela retraite. Le Premier Consul n’est pas de cette opinion, et ilpresse vivement Desaix de dire la sienne. Desaix, promenantses regards sur ce champ de bataille dévasté, puis tirant samontre et regardant l’heure, répond au général Bonaparte cessimples et nobles paroles : Oui, la bataille est perdue; maisil n’est que trois heures, il reste encore le temps d’en gagnerune. — Le général Bonaparte, charmé de l’avis de Desaix,se dispose à profiter des ressources que ce général lui amène,et des avantages que lui assure la situation prise dès le matin.Il est, en effet, dans la plaine à droite, taudis que l’ennemiest à gauche, en colonne de marche, sur la grande route,s’avançant sur San-Giuliano. Desaix arrivant par San-Giu-liano avec 6 mille hommes de troupes fraîches, et donnant defront sur les Autrichiens, peut les arrêter court, pendant quele gros de l’armée ralliée se jettera dans leur flanc. Les dis-positions sont faites en conséquence, et sur-le-champ.

Les trois demi-brigades de Desaix sont formées en avantde San-Giuliano, un peu à droite de la grande route : la 30 edéployée en ligne, la 9° et la 59 e en colonnes serrées sur lesailes de la première. Une légère ondulation du terrain lescache à l’ennemi. A leur gauche se trouvent les débris ralliéset un peu remis de Chambarlhac et Gardanne, sous le généralVictor ; à leur droite dans la plaine, Lannes, dont le mouve-ment de retraite s’est arrêté; puis la garde consulaire, puisCarra-Saint-Cyr, qui s’est maintenu le plus près possible deCastel-Ceriolo. L’armée forme ainsi une longue ligne obliquede San-Giuliano à Castel-Ceriolo. Entre Desaix et Lannes, etun peu en arrière, on a placé la cavalerie de Kellermann dansun intervalle. Une batterie de 12 pièces, seul reste de tout l’ar-tillerie de l’armée, est répandue sur le front du corps de Desaix.

Ces dispositions faites, le Premier Consul parcourt à chevalles rangs de ses soldats, et parle aux divers corps. Mes amis,