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LIVRE IV.
Juin 1800. Les Français, ardents à la poursuite, prennent hommes, che-vaux, canons, bagages. L’infortuné baron de Mêlas, qui, deuxheures auparavant, avait laissé son armée victorieuse, étaitaccouru au bruit de ce désastre, et n’en pouvait croire scsyeux. Il était au désespoir.
immenses resui- Telle fut cette sanglante bataille de Marengo, qui exerça,
tats de la bataille
île Marengo. comme on le verra bientôt, une immense inlluence sur lesdestinées de la France et dû monde; elle donna en effet dansle moment la paix à la République, et, un peu plus tard, l’Em-pire au Premier Consul. Elle fut cruellement disputée, et elleen valait la peine ; car jamais résultat ne fut plus grave pourl’un et pour l’autre des deux adversaires. M. de Mêlas sebattait afin d’éviter une affreuse capitulation ; le général Bona-parte jouait en ce jour toute sa fortune. Les pertes, vu ldnombre des combattants, furent immenses, et hors de toutesles proportions habituelles. Les Autrichiens perdirent environ8 mille hommes en morts ou blessés, et plus de 4 mille pri-sonniers. Leur état-major fut cruellement décimé; le généralHaddick fut tué; les généraux Vogelsang, Lattermann, Belle-garde, Lamarsaille, Gottesheim furent blessés; et, avec eux,un grand nombre d’officiers. Ils perdirent donc, en hommeshors de combat ou pris, le tiers de leur armée, si elle était de. 36 à 40 mille hommes, comme on l’a dit généralement. Quant
aux Français, ils eurent 6 mille tués ou blessés ; on leur en-leva un millier de prisonniers, ce qui présente encore uneperte du quart, sur 28 mille soldats présents à la bataille.
• Leur état-major était aussi maltraité que l’étal-major autri-chien. Les généraux Mainony, Rivaud, Mailler, Champeauxétaient blessés, le dernier mortellement. La plus grande perteétait celle de Desaix. La France n’en avait pas fait une plusregrettable, depuis dix ans de guerre. Aux yeux du PremierConsul, cette perte fut assez grande pour diminuer chez luila joie de la victoire. Son secrétaire, M. de llourrienne, accou-rant pour lé féliciter de ce miraculeux triomphe, lui dit: Quelle