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[Vol. 1.]
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MARENGO.

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belle journée! — Oui, bien belle, répondit le Premier Consul, Juin isoo.si ce soir j’avais pu embrasser Desaix sur le champ de ba-taille. J’allais le faire, ajouta-t-il, ministre de la guerre; jel’aurais fait prince, si j’avais pu. — Le vainqueur de Marengone se doutait pas encore, qu’il pourrait bientôt donner descouronnes à ceux qui le servaient. L’infortuné Desaix étaitgisant auprès de San-Giuliano, au milieu de ce vaste champde carnage. Son aide-de-camp Savarv, qui lui était depuis L'aMe-iic-camp

* * Savary recueille

long-temps attaché, le cherchant au milieu des morts, le re- le corps

o * 7 'de Desaix.

connut à son abondante chevelure, le recueillit avec un soinpieux, l’enveloppa dans le manteau d’un hussard, et, le plaçantsur son cheval, le transporta au quartier-général de Torre-di-Garofolo.

Bien que la plaine de Marengo fût inondée de sang français,la joie régnait dans l’armée. Soldats et généraux sentaient lenférite de leur conduite, et appréciaient l’immense importanced’une victoire remportée sur les derrières de l’ennemi. Les Désespoir

1 . de l’amtî'e

Autrichiens, au contraire, étaient consternés; ils se savaient autrichienne,enveloppés et réduits à subir la loi du vainqueur. Le baronde Mêlas qui, dans cette journée, avait eu deux chevaux tuéssous lui, et s’était conduit, malgré son grand âge, comme auraitpu le faire le plus jeune, le plus vaillant soldat de son armée,le baron de Mêlas était plongé dans la plus profonde douleur.

11 était rentré dans Alexandrie, pour prendre un peu de re-pos, et en se croyant vainqueur. Maintenant il voyait sonarmée à moitié détruite, fuyant par toutes les issues, aban-donnant son artillerie aux Français, ou la laissant noyée dansles marécages de la Bormida. Pour comble de malheur, sonchef d’état-major Zacli, qui jouissait de toute sa confiance,était en ce moment prisonnier des Français. 11 promenait envain ses regards sur ses généraux; aucun ne voulait donnerun conseil; tous maudissaient le cabinet de Vienne, qui lesavait entretenus dans de si funestes illusions, et les avait ainsiprécipités dans un abîme. Cependant il fallait prendre un