MARENGO.
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viit à lui, exprima en sa présence son sincère désir de faire Juin isoo.
la paix, sa disposition à ménager l’armée impériale, et à lui
accorder les plus honorables conditions. Le parlementaire
autrichien étant arrivé sur ces entrefaites, il manifesta devant
cet envoyé les mêmes dispositions qu’à M. de Zach, et les
chargea tous deux de se rendre avec Berthier auprès de M. Bertiner envoyé
° , . . aii quartier- gé-
de Mêlas, pour arrêter les bases d'une capitulation. Suivant itérai autrichien,sa coutume dans toutes les circonstances de ce genre, il dé-clara irrévocablement les conditions arrêtées déjà dans sapensée, annonçant qu’aucun pourparler ne les lui ferait modi-fier. Ainsi, il consentait à ne point exiger que l’armée autri-chienne fût déclarée prisonnière ; il voulait bien la laisser pas-ser avec les honneurs de la guerre; mais il exigeait qu’onrendit immédiatement à la France toutes les places de la Li-gurie, du Piémont, de la Lombardie, des légations, et que lesAutrichiens évacuassent toute l’Italie jusqu’au Mincio. Lesnégociateurs partirent aussitôt pour le quartier-général au-trichien.
Quoique rigoureuses, les conditions qu’ils apportaient étaientnaturelles, on doit même dire généreuses. Une seule étaitpénible, presque humiliante, c’était la remise de Gênes, aprèstant de sang répandu, et après quelques jours seulement d’oc-cupation ; mais évidemment le vainqueur ne pouvait pas s’endépartir. M. de Mêlas, cependant, envoya son principal négo-ciateur auprès du Premier Consul, pour élever quelques con-testations sur l’armistice proposé. — Monsieur, lui dit avecvivacité le Premier Consul, mes conditions sont irrévocables.
Ce n’est pas d’hier que je fais la guerre; votre position m’estaussi connue qu’à vous-mêmes. Vous êtes dans Alexandrie,encombrés de morts, de blessés, de malades, dépourvus devivres, privés de l’élite de votre armée, enveloppés de toutepart. Je pourrais tout exiger, mais je respecte les cheveuxblancs de votre général, la vaillance de vos soldats, et je nedemande que ce qu’exige impérieusement la situation présente