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LIVRE IV.

Juin 1800. parti; mais lequel?... Se battre pour se faire jour? Ou venaitde le tenter, et on n’y avait pas réussi. Se retirer sur Gènes,ou bien passer le Pô supérieur pour forcer le Tessin? Maisces partis, difficiles avant la bataille, étaient impossibles de-puis qu’elle avait été livrée et perdue. Le général Suchetétait à quelques lieues en arrière, avec l’armée de Ligurie,vers Acqui ; le général Bonaparte était en avant d’Alexandrie,avec l’armée de réserve victorieuse. L’un et l’autre allaientfaire leur jonction, et couper la route de Gènes. Le généralMoncey, qui, avec les détachements venus d’Allemagne, gar-dait le Tessin, .pouvait être secouru par le général Bonaparte,en aussi peu de temps qu’on en mettrait à marcher vers lui.11 n’y avait donc chance de salut d’aucun côté, et il fallait s’ar-rêter à la cruelle idée de capituler ; bienheureux si, en aban-donnant l’Italie, on sauvait la liberté de l’armée autrichienne,et si on obtenait de la générosité du vainqueur que cette mal-envoi d un par- heureuse armée ne fût pas prisonnière de guerre ! En consé-

lementaire autri- ^ *

diienau Premier quence, il fut résolu qu’on enverrait un parlementaire au. gé-néral Bonaparte, pour entrer en négociation. Le prince deLichtenstein fut choisi pour se rendre le lendemain matin,15 juin (26 prairial), au quartier-général français.

Dispositions du De son côté, le Premier Consul avait beaucoup de raisons

Premier Consul

à traiter. de traiter. Son but principal était atteint, car l’Italie se trou-vait délivrée en une seule bataille. Après la victoire qu’ilvenait de remporter, et qui achevait l’investissement com-plet des Autrichiens, il était certain d’obtenir l’évacuation del’Italie ; il aurait même pu, à la rigueur, exiger que les vaincusdéposassent les armes, et se constituassent prisonniers. Mais,en humiliant l’honneur de ces braves gens, on allait peut-êtreles pousser à un acte de désespoir. C’était verser un sanginutile, c’était surtout perdre du temps. Absent de Parisdepuis plus d’un mois, il lui importait d’y retourner au plustôt. Nous avions un prisonnier qui pouvait être un intermé-diaire précieux, c’était M. de Zaeh. Le Premier Consul s’ou-