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[Vol. 1.]
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MAltENGO.

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fondes, admirables, sans égales dans l’histoire des grands Juin 180l >-capitaines.

Du reste, il fut bien servi par ses lieutenants, et iln’est besoin de sacrifier aucune gloire pour édifier la sienne.

Masséna, par une défense de Gênes héroïque, Desaix, par laplus heureuse détermination, Lannes, par une incomparablefermeté dans la plaine de Marengo, Kellermann, par une bellecharge de cavalerie, concoururent à son triomphe. 11 les ré-compensa tous de la manière la plus éclatante ; et, quant àDesaix, il paya sa mort des plus nobles regrets. Le PremierConsul ordonna des honneurs magnifiques pour l’homme quivenait de rendre à la France un si grand service ; il eut mêmele soin de recueillir sa famille militaire, et prit auprès de luises deux aides-de-camp, restés sans emploi par la mort deleur général : c’étaient les colonels Rapp et Savary.

Avant de quitter le champ de bataille de Marengo, le Pre- lettre Au r™-

1 1 mier Consul

mier Consul voulut écrire une nouvelle lettre à l’empereurd’Allemagne. Bien que la première ne lui eût valu qu’uneréponse indirecte, adressée par M. de Thugut à M. de Talley-rand, il croyait que la victoire lui permettait de renouvelerdes instances repoussées. Dans ce moment, il désirait la paixavec une ardeur extrême; il sentait que pacifier la France audehors, après l’avoir pacifiée au dedans, était son véritablerôle, et que cette tâche accomplie légitimerait son autoriténaissante beaucoup plus que ne pourraient le faire de nou-velles victoires. Susceptible d’ailleurs des impressions lesplus vives, il avait été singulièrement touché de la vue decette plaine de Marengo, sur laquelle gisait le quart des deuxarmées. Sous l’influence de ces sentiments il écrivit à l’em-pereur une lettre assez étrange. C’est sur le champ de ba-taille, lui disait-il, au milieu des souffrances d’une multitudede blessés, et environné de quinze mille cadavres, que jeconjure Votre Majesté d’écouter la voix de l’humanité, et dene pas permettre que deux braves nations s’entr’égorgent

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