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LIVRE IV.
Juin 1800.
Etat des affairesd’Italie par suite(le la victoirede Marengo.
Dispositionsà l’égarddu Piémont,de la Toscane,
, desEtats Romains.
mettre quelque ordre aux affaires d’Italie, que sa dernièrevictoire changeait complètement de face.
Nous avons déjà dit que la guerre entreprise par la formi-dable coalition des Russes, des Anglais, des Autrichiens, pourrétablir dans leurs États les princes renversés par les pré-tendus envahissements du Directoire, n’avait remis personneà sa place. Le roi de Piémont était à Rome ; le grand-duc deToscane en Autriche; le pape était mort à Valence, et sesprovinces étaient envahies par les Napolitains. La familleroyale de Naples, livrée entièrement aux Anglais, se trouvaitseule dans ses États, où elle souffrait la plus sanguinaire desréactions. La reine de Naples, le chevalier Acton, lord Nelsonpermettaient, s’ils ne les ordonnaient pas, des cruautés abo-minables. La victoire de la République française devaitchanger tout cela: l’humanité y était aussi intéressée que lapolitique.
Le Premier Consul institua un gouvernement provisoire àMilan, en attendant qu’on pùt réorganiser la Cisalpine, et luidonner des fontières définitives, ce qui n’élait possible qu’àla paix. II ne se crut pas obligé envers le roi de Piémont, àplus d’égards que n’en avait montré l’Autriche, et en consé-quence il ne se hâta pas de le rétablir dans ses États. II luisubstitua un gouvernement provisoire, et nomma le généralJourdan commissaire auprès de ce gouvernement, avec missionde le diriger. Depuis long-temps le Premier Consul voulaitemployer, et enlever à ses ennemis cet homme honnête etsage, peu fait pour être le chef des anarchistes en France.Le Piémont était ainsi gardé en réserve, avec l’intention d’endisposer à la paix, soit au profit de la République française,soit comme gage de réconciliation avec l’Europe, en reconsti-tuant les Étals secondaires, détruits sous le Directoire. LaToscane devait rester occupée par un corps autrichien. LePremier Consul la fit observer, prêt à y porter la main, si lesAnglais y descendaient, ou si on continuait à y faire des le-