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[Vol. 1.]
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MAitENGO.

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\ées d’hommes contre la France. Quant à Naples, il ne ditrien, ne fit rien, attendant les conséquences de sa victoire surl’esprit de cette cour. Déjà la reine de Naples, épouvantée,se disposait à se rendre à Vienne, pour invoquer l’appui del’Autriche, et surtout celui de la Russie.

Restait la cour de Rome : c’est là que les intérêts temporelsse compliquaient des intérêts spirituels les plus graves. Pie VI,comme on l’a vu, venait de mourir en France, prisonnier duDirectoire. Le Premier Consul, fidèle à sa politique, lui avaitfait rendre des honneurs funèbres. Un conclave s’était réunià Venise, et avait obtenu avec beaucoup de peine, du cabinetautrichien, la permission de donner un successeur au papedéfunt. Trente-cinq cardinaux assistaient à ce conclave. Unprélat en était secrétaire : c’était monsignor Cousalvi, prêtreromain, jeune, ambitieux, remarquable par la souplesse, lapénétration, l’agrément de son esprit, et mêlé depuis aux plusgrandes choses du sièle. Le conclave, suivant l’usage danstoute élection politique ou religieuse, s’était divisé. Vingt-deux de ses membres étaient rangés derrière le cardinalBraschi, neveu du dernier pape, et portaient au pontificat lecardinal Bellisomi, évêque de Césène. Ceux qui ne voulaientpas perpétuer à Rome la domination de la famille Braschi,rangés derrière le cardinal Antonelli, portaient le cardinalMattéi, signataire du traité de Tolenlino. Mais ils no lui don-naient que treize voix. Plusieurs mois avaient été employésà soutenir de part et d’autre cette lutte silencieuse, mais obsti-née. Aucun des deux concurrents n’avait jusqu’ici gagné devoix sur l’autre. Alors on songea au savant cardinal Gerdil,qui avait figuré dans les controverses du dernier siècle. Cenouveau candidat était Savoyard, et devenu, depuis les vic-toires do la République, sujet de la France. L’Autriche exerçacontre lui son droit d’exclusion. Pour en finir, deux voix sedétachèrent du cardinal Mattéi, et promirent de se réunir aucardinal Bellisomi, ce qui lui assurait vingt-quatre voix, c’est-

Juin 1600.

Conclaveà Venise pourdonner un suc-cesseur à Pie VI

Le cardinalCousalvi.