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LIVRE IV.
Juillet 1800 . nion qui, en 1799, n’avait pas été favorable à Moreau, étaitdevenue en 1800 presque partiale en sa faveur. Après le nomdu général Bonaparte, et bien loin, il est vrai, mais à unedistance à laquelle les places étaient belles encore, on plaçaitsans cesse le nom du général Moreau; et comme l’opinion estmobile, ce dernier effaçait cette année le vainqueur de Zurich,par lequel il avait été effacé l’année précédente.
La nouvelle des heureux succès de l’armée du llhiu com-pléta la satisfaction produite par les succès extraordinairesde l’armée d’Italie, et changea en certitude les espérances depaix qui remplissaient les esprits. La joie était générale. Lesfonds publics, qualifiés cinq pour cent, qui se vendaient à 13francs avant le 18 brumaire, étaient montés à 40. Un arrêtédes consuls annonça aux rentiers que le premier semestre del’an ix, celui qui devait éeheoir le 22 septembre 1800, leurserait payé intégralement en argent: heureuse nouvelle, quidepuis Ions-temps n'avait pas été donnée aux infortunés cré-anciers de l’Etat! On attribuait tous ces biens aux armées,aux généraux qui les avaient conduites, mais principalementau jeune Bonaparte, qui venait à la fois de gouverner et decombattre d’une manière également supérieure. Aussi, la fêtedu 14 juillet, l’une des deux solennités républicaines conser-vées par la Constitution, fut-elle célébrée avec un grand éclat.Une cérémonie magnifique était préparée aux Invalides. Lemusicien Méhul avait composé de beaux chants, et on avaitfait venir pour les exécuter les premiers chanteurs de l’Italie,a laquelle on commençait alors à prendre scs chefs-d’œuvreet ses artistes. Après avoir entendu ces chants sous le dômedes Invalides, le Premier Consul, accompagné d’un nombreuxétat-major, se rendit au milieu du Champ-dc-Mars pour re-cevoir la garde consulaire. Elle arrivait le matin même, cou-verte de poussière, ses vêtements en lambeaux, n’ayant cesséde marcher depuis le lendemain de la bataille de Marengo,afin d’être exacte au rendez-vous que le Premier Consul lui
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