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LIVRE V.
Août im frégates la Muiron el lu Carrère, seuls bâtiments qui luirestassent depuis la destruction de la Hotte, et de les mouillerdans la petite rade du Marabout. C’est là qu’il voulait s’em-barquer, à deux lieues à l’ouest d’Alexandrie. Il emmenaitavec lui les généraux Bertliier, Lannes, Murat, Andréossy,Marmont, et les deux savants de l’expédition qu’il chérissaitle plus, Monge et Berthollet. Le 22 août (5 fructidor an vu),il se rendit au Marabout, et s’embarqua précipitamment,craignant toujours de voir apparaître l’escadre anglaise. Leschevaux qui avaient servi au trajet, ayant été abandonnés surla plage, s’enfuirent au galop vers Alexandrie. La vue de ceschevaux tout sellés, et privés de leurs cavaliers, causa unesorte d’alarme ; on crut qu’il était arrivé quelque accident àdes officiers de la garnison, et on fit sortir du camp retranchéun détachement de cavalerie. Bientôt un piqueur turc, quiavait assisté à l’embarquement, expliqua ce que c’était, etMenou, qui seul avait été initié au secret, annonça dansAlexandrie le départ du général Bonaparte, et la désignationqu’il avait faite du général Kléber pour lui succéder. Kléberavait reçu un rendez-vous à Rosette pour le 23 août; mais legénéral Bonaparte, pressé de s’embarquer, était parti sansl’attendre. D’ailleurs, en imposant à Kléber le pesant fardeaudu commandement, il n’était pas fâché de lui laisser un ordreabsolu, qui ne permit ni contestation ni refus.
chagrin Cette nouvelle causa dans l’armée une surprise douloureuse.
apprenantiede- Q n ne voulut d’abord pas v ajouter foi; le général I)ugua,
part du general j «i j 7 ” ■ '
en chef. commandant à Rosette, la fit démentir, n’y croyant pas lui-même, et craignant le' mauvais effet qu’elle pouvait produire.Cependant le doute devint bientôt impossible, et Kléber futofficiellement proclamé successeur du général Bonaparte. Offi-ciers et soldats furent consternés. Il avait fallu l’ascendantqu’exerçait sur eux le vainqueur de l’Italie, pour les entraînerà sa suite dans des contrées lointaines et inconnues; il fallaittout son ascendant pour les y retenir. C’est une passion que