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[Vol. 1.]
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HÉLIOPOLIS.

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le regret de la patrie, et qui devient violente, quand la Août »distance, la nouveauté des lieux, des craintes fondées sur lapossibilité du retour, viennent l’irriter encore. Souvent, enÉgypte, cette passion éclatait en murmures, quelquefois mêmeen suicides. Mais la présence du général en chef, son langage,son activité incessante, faisaient évanouir ces noires vapeurs.

Sachant toujours s’occuper lui-méme et occuper les autres, ilcaptivait au plus haut point les esprits, et ne laissait pas naître,ou dissipait autour de lui, des ennuis qui n’entraient jamaisdans son âme. On se disait bien quelquefois qu’on ne rever-rait plus la France; qu’on no pourrait plus franchir la Médi-terranée, maintenant surtout que la flotte avait été détruite àAboukir; mais le général Bonaparte était là, avec lui on pou-vait aller en tous lieux, retrouver le chemin de la patrie, ouse faire une patrie nouvelle. Lui parti, tout changeait de face.

Aussi la nouvelle de son départ fut-elle un coup de foudre.

On qualifia ce départ des expressions les plus injurieuses.

On ne s’expliquait pas ce mouvement irrésistible de patrio-tisme et d’ambition qui, à la nouvelle des désastres de la Ré-publique , l’avait entraîné à retourner en France. On nevoyait que l’abandon où il laissait la malheureuse armée quiavait eu assez de confiance en son génie pour le suivre. Onse disait qu’il avait donc reconnu l’imprudence de cette entre-prise, l’impossibilité de la faire réussir, puisqu’il s’enfuyait,abandonnant à d’autres ce qui lui semblait désormais inexé-cutable. Mais, se sauver seul, en laissant au delà des mersceux qu’il avait ainsi compromis, était une cruauté, unelâcheté même, prétendaient certains détracteurs : car il en atoujours eu, et très-près de sa personne, même aux époquesles plus brillantes de sa carrière !

Kléber n’aimait pas le général Bonaparte, et supportait sonascendant avec une sorte d’impatience. S’il se contenait en sa . dans . ces

r circonstance!

présence, il s’en dédommageait ailleurs par des propos incon-venants. Frondeur et fantasque, Kléber avait désiré ardem-

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