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LIVRE V.

Sept. 1799.

Finances.

Hostilitésdont l’Egyptee'tait menacée.

1,100 milliers de poudre. Les événements subséquents dé-montrèrent la vérité de ces allégations, puisque l’armée sebattit encore deux ans, et laissa aux Anglais des approvision-nements considérables. Que serait devenu, en effet, en sipeu de temps, l’immense matériel soigneusement accumulépar le général Bonaparte, sur la flotte qui transporta l’arméeen Égypte?

A l’égard des finances, le rapport de Kléber était égalementfaux. La solde était au courant. 11 est vrai qu’on n’était pasencore fixé sur le système financier le plus propre à nourrirl’armée, sans fatiguer le pays; mais les ressources existaient,et, en maintenant seulement les impôts déjà établis, on pou-vait vivre dans l’abondance. Il était dû sur les impositionsde l’année de quoi pourvoir à toutes les dépenses courantes,c’est-à-dire plus de 16 millions. On n’était donc pas réduità soulever les populations par l’établissement de contributionsnouvelles. Les comptes des finances présentés plus tardprouvèrent que l’Égypte, en étant fort ménagée, pouvait four-nir 25 millions par an. A ce taux, elle ne payait pas la moi-tié de ce que lui arrachaient avec mille vexations les nom-breux tyrans qui l’opprimaient sous le nom de Mamelucks.D’après le prix des denrées en Égypte, l’armée pouvait vivreavec 18 ou 20 millions. Quant aux caisses, le général Bona-parte les avait si peu épuisées, qu’il n’avait pas même louché,en partant, la totalité de son traitement.

Relativement aux dangers prochains dont la colonie étaitmenacée, voici encore la vérité. Murad-Bey, découragé, cou-rait la Haute-Egypte avec quelques Mamelucks. Ibraliim-Bey,qui, sous le gouvernement des Mamelucks, partageait aveclui la souveraineté, se trouvait alors dans la Basse-Égypte,vers les frontières de Syrie. Il n’avait pas 400 cavaliers, loind’en avoir quelques mille. Djezzar-Pacha était renfermé dansSaint-Jean-d’Acre. Loin de préparer un secours de 30 millehommes pour l’armée du visir, il voyait, au contraire, avec