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[Vol. 1.]
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M

LlVilK V.

Nov. 1799.

Kléber, parta-geant le chagrinuc Turin de, songeà négocier.

Sir SiilneySmith.

mers et les croisières anglaises pour rentrer en France, cejeune téméraire avait dû succomber dans la traversée. Lessages généraux formés à l’école du Rhin devaient revenird’une folle illusion, et ramener en Europe de braves soldats,indispensables à la République, aujourd’hui menacée de tou-tes parts.

Dans cette disposition d’esprit, Kléber avait envoyé au visir, P-ŸXVfqui était entré en Syrie, un de ses officiers, pour lui faire denouvelles ouvertures de paix. Déjà le général Ronaparte, vou-lant brouiller le visir avec les Anglais, avait eu l’idée d’essayerdes négociations, qui, de sa part, n’étaient qu’une feinte. Sesouvertures avaient été reçues avec assez de défiance et d’or-gueil. Celles de Kléber obtinrent un meilleur accueil, parl’influence de sir Sidney Smith, qui s’apprêtait à jouer ungrand rôle dans les affaires d’Égypte.

Cet officier de la marine anglaise avait beaucoup contribuéà empêcher le succès du siège de Saint-Jean-d’Acre ; il enétait fier, et il avait imaginé une ruse de guerre, suivant l’ex-pression des agents anglais, ruse consistant à profiter d’unmoment de faiblesse, pour arracher aux Français leur pré-cieuse conquête. En effet, toutes les lettres interceptées denos officiers montrant clairement qu’ils étaient dévorés dudésir de retourner en France, sir Sidney Smith voulait ame-ner l’armée à négocier, lui faire souscrire une capitulation, et,avant que le gouvernement français eût le temps de donnerou de refuser sa ratification, la mettre en mer sur-le-champ,et la jeter ensuite sur le rivage d’Europe. C’est dans cettevue qu’il avait disposé le grand visir à écouter les ouver-tures de Kléber. Quant à lui, s’attachant à combler les offi-ciers français de prévenances, il leur laissait arriver des nou-velles d’Europe, mais en ayant soin de ne donner passagequ’aux nouvelles antérieures au 18 brumaire. Kléber de soncôté venait d’envoyer un négociateur à sir Sidney Smith, carles Anglais étant maîtres de la mer, il voulait les faire inter-