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LIVRE V.
j.inv. 1800 . tendit que l’armée active était réduite à 8 mille hommes; onexagéra démesurément la force de l’armée turque ; on parlad’une prétendue expédition russe qui allait se joindre augrand visir, expédition qui n’existait que dans l’imaginationexaltée de ceux qui voulaient déserter l’Égypte à tout prix ;on établit comme bien positive l’impossibilité de résister,assertion qui devait être bientôt démentie d’une manière hé-roïque par ceux mêmes qui la faisaient valoir; enfin, pourrentrer autant que possible dans les instructions du généralBonaparte, on allégua quelques cas de peste, fort douteux, etdu reste parfaitement inconnus dans l’armée.
Cependant, malgré tout ce qui venait d’être dit, les partisansde l’évacuation étaient loin de se conformer aux instructionslaissées par le général Bonaparte. 11 avait posé pour condi-tions : 1 " qu’il ne fût arrivé aucun secours, aucun ordre auprintemps de 1800; 2° que la peste eût enlevé quinze centshommes, outre les pertes de la guerre ; 3° que le danger fûtassez grand pour rendre toute résistance impossible: et, cescirconstances réalisées, il avait recommandé de gagner dutemps en négociant, et de n’admettre l’évacuation que sousclause de ratification par la France. — Or, on était en jan-vier seulement de l’année 1800, il n’y avait point de peste,point de danger pressant, et il s’agissait de résoudre l’évacua-tion immédiate, sans recours à la France.
Résistance Un homme qui a montré à la guerre mieux que du courage,c’est-à-dire du caractère, le général Davout, depuis maréchalet prince d’Eckmuhl, osa seul résister à ce coupable entraine-ment. Il ne craignit pas de tenir tête à Kléber, dont tout lemonde subissait l’ascendant; il combattit avec énergie le pro-jet de capitulation. Mais il ne fut pas écouté, et, par une con-descendence fâcheuse, il consentit à signer la résolution duconseil de guerre, en laissant écrire dans le procès-verbalqu’elle avait été adoptée à l’unanimité.
Davout néanmoins prit Savary à part, et le chargea d’affir-