HÉLIOPOLIS.
29
terranée, l’ordre absolu de ne signer aucune capitulation sansla condition expresse de retenir l’armée française prisonnière.
L’ordre parti de Londres le 17 décembre, parvint à l’amiralKeith, dans l’île de Minorque, vers les premiers jours de jan-vier 1800, et, le 8 du même'mois, cet amiral se hâta de com-muniquer à sir Sidney Smith les instructions qu’il venait derecevoir de son gouvernement. Il fallait du temps, surtoutdans cette saison, pour traverser la Méditerranée. Les com-munications de lord Keith n’arrivèrent à sir Sidney Smith quele 20 février. Celui-ci en fut désolé. 11 avait agi sans instruc-tion précise de son gouvernement, comptant que ses actesseraient approuvés ; il se trouvait donc compromis à l’égarddes Français, car il pouvait être accusé par eux de déloyauté.Mieux instruit d’ailleurs du véritable état des choses, il savaitbien que Kléber ne consentirait jamais à se rendre prisonnierde guerre, et il voyait la convention d’El-Arisch, si habilementarrachée à une faiblesse d’un moment, tout à fait compromise.Il se hâta d’écrire à Kléber pour lui exprimer sa douleur, pourl’avertir loyalement de ce qui se passait, l’engager à suspendresur-le-champ la remise des places égyptiennes au grand visir,et le conjurer d’attendre de nouveaux ordres d’Angleterre,avant de prendre aucune résolution définitive.
Malheureusement, quand ces avis de sir Sidney Smith par-vinrent au Kaire, l’armée française avait déjà exécuté en partiela convention d’El-Arisch. Elle avait remis aux Turcs toutesles positions de la rive droite du Nil, Katieli, Salahieli, Bel-beïs, et quelques-unes des positions du Delta, notamment laville de Damiette et le fort de Lesbeh. Les troupes étaientdéjà en marche pour Alexandrie, avec les bagages et les mu-nitions. La division de la Haute-Égypte avait livré le haut Nilaux Turcs, et se repliait sur le Kaire, pour se réunir vers lamer au reste de l’armée. Desaix, profitant de l’ordre qu’ilavait reçu de se rendre en France, et ne voulant pas prendrepart aux détails de cette honteuse retraite, était parti avec
Fevr. 1800.
Regrets de sirSidney Smith enrecevant les nou-veaux ordresd’Angleterre.