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[Vol. 1.]
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capitale, niais les grandes villes de l’Égypte. Averti de ce Mars îsxxdessein, et voyant que l’armée turque ne tenait nulle part, ildétacha encore le général Friant avec cinq bataillons sur leKaire, pour appuyer les quatre bataillons partis la veilled’El-Kanqah, sous la conduite du général Lagrange.

Le lendemain, 22 mars (1 er germinal), il se mit en routepour Salahieh. Le général Reynier le précédait à la tête dela division de gauche; il marchait lui-même à la suite avecles guides et le 7 e de hussards. Venait enfin le général Belliardavec sa brigade, reste de la division Friant. Pendant le trajet,on reçut un message du grand visir qui demandait à négocier.

On ne répondit que par un refus. Arrivé près de Karaïm, àmoitié chemin de Salahieh, on entendit une canonnade ; peuaprès on aperçut la division Reynier formée en carré, et auxprises avec une multitude de cavaliers. Kléber fit dire àBelliard de hâter sa marche, et lui-même, avec la cavalerie,se rapprocha en toute hâte du carré de Rey nier. Mais, à cettevue, les Turcs qui attaquaient la division Reynier, aimantmieux avoir affaire à la cavalerie qu’à l’infanterie française,se rabattirent sur les guides et le 7 e de hussards que Kléberamenait avec lui. Leur charge fut si subite que l’artillerielégère n’eut pas le temps de se mettre en batterie. Les con-ducteurs furent sabrés sur leurs pièces; Kléber, avec lesguides et les hussards, se trouva un instant dans le plusgrand danger, surtout parce que les habitants de Karaïm,croyant que c’en était fait de cette poignée de Français,étaient accourus avec des fourches et des faux pour les ache-ver. Mais Reynier envoya sur-le-champ le 14 e de dragons,qui dégagea Kléber à temps. Belliard, qui avait forcé le pas,arriva immédiatement après avec son infanterie, et on taillaon pièces quelques centaines d’hommes.

Kléber, pressé d’arriver à Salahieh, hâta sa marche, remet-tant à son retour la punition de Karaïm. La chaleur du jourétait accablante; le vent soufflait du désert; on respirait avec