HÉLIOPOLIS.
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rent l’assassin, qu’ils trouvèrent blotti derrière un monceau Juin isoo.de décombres.
Quelques minutes après cette scène tragique, Kléber n’é-tait plus. L’armée versa sur lui des larmes amères. Les Ara-bes eux-mêmes, qui avaient admiré sa clémence après leurrévolte, unirent leurs regrets à ceux de nos soldats. Une com-mission militaire, réunie sur-le-champ, jugea l’assassin, quiavoua tout. Il fut condamné suivant les lois du pays, et em- supplice
de Suleiman.
palé. Les quatre cheiks qui avaient reçu sa confidence eu-rent la tête tranchée. On crut devoir à la sûreté des chefs del’armée ces sanglants sacrifices. Vaine précaution! Avec Klé-ber, l’armée avait perdu un général, et la colonie un fondateur,qu’aucun des officiers restés en Égypte ne pouvait remplacer.
Avec Kléber, l’Égypte était perdue pour la France! Menou,qui lui succéda par ancienneté d’àge, était partisan ardent del’expédition ; mais, malgré son zèle, il était tout à fait au-des-sous d’une telle tâche. Un seul homme pouvait égaler Kléber,le surpasser même dans le gouvernement de l’Égypte, c’étaitcelui qui trois mois auparavant s’était embarqué dans le portd’Alexandrie pour se rendre en Italie, et qui tombait à Ma-rengo, le même jour, presque au même instant, où Klébersuccombait au Kaire: c’était Desaix! Tous deux étaient morts Kle'ber et Desaix
. , . morts le même
le 14 juin 1800, pour l’accomplissement des vastes desseins jour,du général Bonaparte. Singulière destinée de ces deux hom-mes , toujours placés à côté l’un de l’autre pendant leur vie,rapprochés encore au jour de leur mort, et pourtant si diffé-rents par tous les traits de l’ànie et du corps!
Kléber était le plus bel homme de l’armée. Sa grande taille, caractère ,ie ces
ii/* ,, . , ,, , . \ . deux generaux.
sa noble figure ou respirait toute la fierté de son aine, sa bra-voure à la fois audacieuse et calme ; son intelligence prompteet sûre, en faisaient sur les champs de bataille le plus impo-sant des capitaines. Son esprit était brillant, original, maisinculte. Il lisait sans cesse et exclusivement, Plutarque etQuintc-Curce: il y cherchait l’aliment des grandes âmes,