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LIVRE VI.
Juillet 1800. Europe. On ne négligea rien, en un mot ’, de ce qui pouvaitsoutenir le moral de nos soldats exilés, et les mettre en com-munication continuelle avec la mère-patrie.
Sans doute plusieurs de ces bâtiments étaient exposés âêtre pris, mais le plus grand nombre avaient chance d’arriver,et arrivèrent en effet, car la vaste côte du Delta ne pouvaitêtre exactement fermée. Le même succès n’attendait pas lesefforts tentés pour approvisionner Malte, que les Anglais te-naient rigoureusement bloquée. Ils attachaient un prix im-mense à s’emparer de ce second Gibraltar; ils savaient quele blocus pouvait avoir ici un effet certain, car Malte est unrocher qui ne s’alimente que par la mer, tandis que l’Égvpleest un vaste royaume qui nourrit même ses voisins. Usapportaient donc une grande constance à investir la place, età lui faire sentir les horreurs de la famine. Le brave généralVaubois, disposant d’une garnison de quatre mille hommes,ne craignait pas leurs attaques; mais il voyait diminuerd’heure en heure les provisions destinées à faire vivre sessoldats, et ne recevait malheureusement pas des ports de laCorse des ressources suffisantes pour remplacer ce qui étaitconsommé chaque jour.
Le Premier Consul s’occupa beaucoup aussi de choisir unchef capable de commander l’armée d’Égypte. La perte deKléber était désolante, surtout en considération de ceux quipouvaient être appelés à le remplacer. Si Desaix était de-meuré en Égypte, le mal eût été facilement réparé. MaisDesaix était revenu, et mort. Ceux qui restaient n’étaient pasdignes d’un tel commandement. Reynier était un bon officier,élevé à l’école de l’armée du Rhin, savant, expérimenté, maisfroid, irrésolu, sans ascendant sur les troupes. Menou étaittrès-instruit, brave de sa personne, enthousiaste de l’expédi-tion, mais incapable de diriger une armée, et frappé de ridi-
1 Tout cela est extrait de la nombreuse correspondance du Premier Consulavec les départements de la guerre et de la marine.