ARMISTICE.
01
eule, parce qu’il avait épousé une femme turque, et s’était fait Juillet isoo.
mahométan lui-même. Il se faisait appeler Abdallah Menou,
ce qui égayait les soldats, et diminuait beaucoup le respect
dont un commandant en chef a besoin d’être entouré. Le
général Lanusse, brave, intelligent, plein d’une chaleur qu’il
savait communiquer aux autres, paraissait au Premier Consul
mériter la préférence, quoiqu’il manquât de prudence. Mais Le commande-
1 /ii i i ment de l'armée
le général Menou avait pris le commandement par ancienneté <rÉgjpte con-
° , serve' à Menou.
d’âge. Il était difficile de faire arriver en Egypte un ordreavec certitude; les Anglais pouvaient intercepter cet ordre, et,sans le communiquer textuellement, en faire soupçonner lecontenu, de manière à rendre le commandement incertain, àdiviser les généraux, et à troubler la colonie. Il laissa doncles choses dans le même état, et confirma Menou, ne le croyantpas d’ailleurs aussi profondément incapable qu’il l’était véri-tablement.
Il faut maintenant revenir en Europe, pour assister à ce . , Su , ite .qui se passait sur ce théâtre des grands événements du en Euro P e -monde. La lettre que le Premier Consul avait adressée deMarengo même à l’empereur d’Allemagne, lui était parvenueavec la nouvelle de la bataille perdue. On sentit alors à Vienneles fautes qu’on avait commises, en repoussant les offres duPremier Consul au commencement de l’hiver, en s’obstinantà supposer la France épuisée et incapable de continuer laguerre, en refusant de croire à l’armée de réserve, en pous-sant aveuglément M. de Mêlas dans les gorges de l’Apennin.
L’autorité de M. de Thugut en fut considérablement affaiblie,car c’était à lui seul qu’on imputait toutes ces erreurs de con-duite et de prévoyance. Cependant à ces fautes, déjà sigraves, on venait d’en ajouter une non moins grave, celle dese lier plus étroitement encore avec les Anglais, sous l’im-pression du désastre de Marengo. Jusqu’ici le cabinet deVienne n’avait pas voulu accepter leurs subsides, mais il crutdevoir se donner sur-le-champ le moyen de réparer les pertes