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[Vol. 1.]
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Juillet 1800.

Conférences

entre

M. «le Talleyrandet M. de Saint-Julien.

M. de Saint-Julien consent àsigner des préli-minaires de paix.

Conditionsde ces

préliminaires.

64 LIVRE VI.

M. de Saint-Julien fut invité à une conférence chez le ministredes relations extérieures. On s’entretint du désir réciproquede terminer la guerre, et de la meilleure manière d’y réussir.M. de Saint-Julien écouta tout ce qu’on lui dit sur les condi-tions auxquelles la paix pouvait être conclue, et, de son côté,lit à peu près connaître tout ce que souhaitait l’empereur.M. de Talleyrand se pressa trop d’en conclure que M. de Saint-Julien avait des instructions secrètes et suffisantes pour trai-ter, et lui proposa de ne pas se borner à une simple conver-sation, mais de rédiger en commun des articles préliminairesde paix. M. de Saint-Julien, qui n’était pas autorisé à se per-mettre une démarche aussi grave, car les engagements del’Autriche envers l’Angleterre s’y opposaient absolument, M.de Saint-Julien objecta qu’il n’avait aucun pouvoir pour concourir à un traité. M. de Talleyrand lui répondit que la lettrede l’empereur l’y autorisait complètement, et que, s’il voulaitconvenir de quelques articles préliminaires, et les signer, saufratification ultérieure, le cabinet français, sur la simple lettrede l’empereur, le considérerait comme suffisamment accré-dité. M. de Saint-Julien, voué à l’état militaire, n’ayant aucuneexpérience des usages diplomatiques, eut la simplicité d’avouerà M. de Talleyrand son embarras, son ignorance des formes,et lui demanda ce qu’il ferait à sa place. Je signerais, réponditM. de Talleyrand.— Eh bien, soit, reprit M. de Saint-Julien,je signerai des articles préliminaires, qui n’auront de valeurqu’après la ratification de mon souverain. — Cela 11 e fait pasdoute, répliqua M. de Talleyrand; il n’y a d’engagement va-lable entre nations que ceux qui ont été ratifiés.

Cette étrange manière de se communiquer ses pouvoirs estconsignée tout au long dans le protocole, encore existant, decette négociation. On se vit tous les jours, les 23, 24, 27,28 juillet (4, 5, 8, 9 thermidor an vin). On discuta tous lessujets importants sur lesquels les deux nations avaient à s’en-tendre. Le traité de Campo-Formio fut adopté pour base,