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LIVRE VI.
Sept. i8oo. cinquième rassemblement de troupes autour d’Amiens. 11avait détaché, des demi-brigades restées dans l’intérieur, lescadres des compagnies de grenadiers, les avait recrutées avecde beaux hommes, et en avait formé un superbe corps de 9à 10 mille soldats d’élite, qu’il destinait à se rendre en hâtesur les côtes, si les Anglais opéraient un débarquementquelque part, ou à passer en Italie, pour y remplir l’officequ’Augereau remplissait en Allemagne, celui de couvrir lesailes et les derrières de l’année principale. Murat en avait éténommé général en chef.
On avait fait tout cela, sous le rapport du recrutement, aumoyen de la levée ordonnée par le Corps législatif, et sous lerapport de la dépense, au moyen des ressources financièresrécemment créées. Rien ne manquait maintenant à ces diverscorps; ils étaient bien nourris, bien armés; ils avaient deschevaux, et un matériel complet.
On comprend que le Premier Consul fût impatient d’utiliserde tels moyens, pour arracher la paix à l’Autriche, avantl’hiver. Il ordonna donc à Moreau et à Brune de se rendre àleur quartier-général, pour se préparer à recommencer leshostilités. Il enjoignit à Moreau de prévenir le général autri-chien, dans les délais stipulés par l’armistice, et ne lui permitde prolonger la suspension d’armes qu’à une seule condition,c’est que l’empereur abandonnerait à l’armée française lestrois places actuellement bloquées, Philipsbourg, Ulm et Ingol-stadt. A cette condition, il consentait à donner encore cinq ousix semaines de répit. Ces places, en effet, en valaient lapeine. En les occupant, on obtenait une base d’opération ex-cellente sur le Danube; on ramenait en ligne le corps qui lesbloquait; on se donnait en outre le temps de pousser une ailede l’armée d’Italie sur la Toscane et le royaume de Naples,pays où les levées en masse se continuaient à l’instigation del’Autriche, et avec l’argent de l’Angleterre. Tels furent lesordres expédiés au quartier-général de Moreau.