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[Vol. 1.]
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LIVRE VI.

Sept. 1800. conscience en aucune manière. Ils avaient aussitôt reparu enfoule, et on voyait à la fois, se disputant les fonctions du culte,les prôtres constitutionnels qui avaient prêté serment à laconstitution civile du clergé, les prêtres non assermentés quin’avaient fait que la promesse d’obéissance aux lois, ceuxenfin qui n’avaient fait ni le serment ni la promesse. Lesprêtres appartenant aux deux premières classes, étaient enconcurrence les uns avec les autres, pour obtenir les églises,qu’on leur prêtait plus ou moins facilement, suivant l’humeurtrès-variable des autorités locales. Ceux qui avaient déniétoute espèce de déclaration, se livraient clandestinement, dansl’intérieur des maisons, aux pratiques du culte, et passaient,aux yeux de beaucoup de fidèles, pour les seuls ministres dela vraie religion. Enfin, pour ajouter à la confusion, venaientles théophilanlhropes, qui remplaçaient les catholiques dansles églises, et certains jours déposaient des fleurs sur lesautels où d’autres avaient dit la messe. Ces ridicules sectairescélébraient des fêtes en l’honneur de toutes les vertus, ducourage, de la tempérance, de la charité etc. A la Toussaint,par exemple, ils en avaient consacré une au respect des aïeux.Pour les catholiques sincères, c’était une profanation des édi-fices religieux, que le bon sens, et le respect dô aux croyancesdominantes, commandaient de faire cesser.

Pour mettre fin à ce chaos, il fallait un accord avec le Saint-Siège, accord au moyen duquel on pût réconcilier ceux quiavaient prêté le serment, ceux qui avaient fait la promesse,ceux enfin qui avaient refusé l’un et l’autre. Mais monsignorSpina, envoyé du Saint-Siège, venait à peine d’arriver à Paris,et, surpris de s’y trouver, se cachait à tous les regards. Lesujet à traiter était aussi délicat pour lui que pour le gou-L’abbé Bemier vernoment. Le Premier Consul, discernant avec un tact rare

chargé de traiter

avec monsignor les hommes et remploi auquel ils étaient propres, avait opposepour l arrangc- à cet Italien rusé le personnage le plus capable de lui tenirreligieuses. f/q C) c’était l’abbé Bernicr, qui, après avoir long-temps dirigé