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LIVRE VI.

Oftoh. îHoo. ainsi que rendre la contre-révolution plus certaine, en se

chargeant de l’opérer de ses propres mains. Bientôt sur cetrône restauré, il faudrait les princes qui étaient seuls dignesde l’occuper ; et, en rétablissant l’institution, il l’aurait rétabliepour les Bourbons ! 1

Il arrive quelquefois à la haine de deviner juste, parcequ’elle aime à supposer des fautes, et que malheureusementles fautes sont toujours ce qu’il y a de plus probable. Seule-ment, dans son ardente impatience, elle devance les temps.Ces légers discoureurs ne savaient pas jusqu’à quel point ilsdisaient vrai; mais ils ne savaient pas .aussi qu’avant queleurs prédictions s’accomplissent, il faudrait que le monde fûtremué quinze ans, il faudrait que cet homme dont ils parlaientainsi, eût fait de sublimes choses, commis d’immenses fautes,et qu’avant la fin de tout cela, ils auraient le temps de se dé-mentir, de renier leur cause, d’abandonner ces princes seulslégitimes à leurs veux, de servir ce maitre éphémère, de leservir et de l’adorer! ils ne savaient pas que, si la Francerevenait un jour au pied des Bourbons, elle y viendrait, commejetée par la tempête au pied d’un arbre séculaire, et jetéepour un moment!

Plus bas, conspiraient autrement qu’en paroles, les intri-

(«eorges<*t ses sicaires.

gants au service des Bourbons, et plus bas encore, mais plusdangereusement, les agents de Georges, les mains pleines del’argent venu d’Angleterre. Georges, depuis son retour deLondres, était dans le Morbihan, se cachant à tous les yeux,jouant l’homme résigné qui revient à ses champs, mais im-placable en réalité, ayant juré dans son cœur, ayant juré aux

1 Ce n’est pas de fantaisie que je peins les émigrés de ce temps. Le lan-gage que je leur prête est littéralement extrait des volumineuses correspon-dances adressées à Louis XVIII, et rapportées par ce prince en France. Lais-sées pendant les Cent-Jours aux Tuileries, déposées depuis aux archives desaffaires étrangères, elles contiennent le singulier témoignage des illusions etdes passions de ce temps. Quelques-unes sont fort spirituelles, et toutes fortcurieuses.