ARMISTICE. 141
Bourbons, de succomber ou de détruire le Premier Consul. Octob. isco. \Livrer une sorte de bataille aux grenadiers de la garde con- i
sulaire, était impossible ; toutefois il y avait parmi les hommes !
de la chouannerie, des bras tout prêts à recourir à la dernièreressource des partis vaincus, c’est-à-dire à l’assassinat. On !
pouvait trouver parmi eux une bande prête à tout, aux crimes i
les plus noirs comme aux tentatives les plus téméraires. |
Georges, ne sachant pas encore le moment, le lieu qu’il fau- |
drait choisir, les tenait en haleine, communiquant avec eux j
par des affidés, leur livrant les grandes routes pour vivre, j
ou une portion de l’argent reçu à profusion du cabinet bri- j
tannique. |
Le Premier Consul, satisfait des hommages de la France, Erreur <iu i>re I
mier Consul sur
de l’adhésion unanime des hommes sincères et désintéressés i* nature
des dangers qui ,
de tous les partis, s’inquiétait médiocrement des propos des le menacent,uns, des complots des autres. Entièrement appliqué à son j
oeuvre, il songeait peu aux vains discours des oisifs, quoiqu’il ;
fût loin d’y être insensible; mais actuellement, il était trop !
absorbé par sa tâche pour donner grande attention à ces !
discours. Il ne songeait pas beaucoup plus aux complots j
dirigés contre sa personne ; il les considérait comme une de |
ces chances qu’il bravait tous les jours sur les champs debataille, avec l’indifférence du fatalisme. Du reste, il se trom- j
pait même sur la nature de ces dangers. Venu au 18 bru-maire pour arracher le pouvoir au parti révolutionnaire,l’ayant dans le moment pour ennemi principal, il s’en prenait i
à ce parti de tout ce qui arrivait, et semblait n’en vouloir ;
qu’à lui seul. Les royalistes n’étaient à ses yeux, du moins ;
alors, qu’un parti persécuté, qu’il fallait tirer de l’oppression. !
Il savait bien qu’il y avait des scélérats parmi eux : mais il |
avait pris l’habitude, en vivant avec les modérés, de n’attendrede violence que de la part des révolutionnaires. L’un de sesconseillers, toutefois, cherchait à redresser cette erreur de sonesprit : c’était M. Fouché, le ministre de la police.