Band 
[Vol. 1.]
Seite
142
JPEG-Download
 

LIVRE VI.

Octob. 1600.

Les hommescomposantle gouvernementet avant quelqueinfluence auprèsdu

Premier Consul.

La policeet les affairesétrangèresformaientles deux seulsministèresimportants.

Ce quVtaitfa police sousle Consulatet l'Empire.

142

Dans ce gouvernement, réduit presque à un homme, tousles ministres s’étaient effacés, excepté deux, MM. Fouché etde Talleyrand. Seuls ils avaient conservé le privilège d’étretant soit peu aperçus, à travers cette auréole éblouissantedont le général Bonaparte était entouré, et dans laquelledisparaissaient toutes les figures, hors la sienne. Le généralBerthier venait de remplacer Carnot au département de laguerre, parce qu’il était plus souple, plus résigné au rôlemodeste de comprendre et de rendre les idées de son chef,ce qu’il faisait avec une clarté, une précision vraiment admi-rables. Ce n’était pas un petit mérite que d’étre le digne chefd’état-major du plus grand capitaine du siècle, et peut-êtrede tous les siècles. Mais Berthier, à côté du Premier Consul,ne pouvait avoir aucune importance comme directeur desopérations militaires. La marine, à celte époque, attirait peul’attention. Les finances n’exigeaient que l’application fermeet persévérante, mais obscure, de quelques principes d’ordre,posés une fois pour toujours. La police, au contraire, avaitune grande importance, à cause du vaste arbitraire dont legouvernement était armé; et, avec la police, les alTairesétrangères, à cause des relations à rétablir avec le mondeentier. Pour la police, il fallait au Premier Consul un hommequi connût les partis et les individus dont les partis se com-posaient : c’était la cause de l’influence acquise par le ministreFouché. A l’égard des affaires extérieures, quoique le Pre-mier Consul fût le meilleur personnage à présenter à l’Europe,il fallait pourtant un intermédiaire de tous les instants, plusdoux, plus patient que lui : et c’était la cause de l’influenceacquise par M. de Talleyrand. MM. Fouché et de Talleyrandse partageaient donc la seule portion de crédit politique dontjouissaient alors les ministres.

La police n’était pas à cette époque ce qu’elle est heureuse-ment devenue depuis, une simple surveillance sans pouvoir,chargée uniquement d’avertir et de saisir la justice. Fdle étaitle dépôt dans les mains d’un seul homme, d’un immense ar_