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[Vol. 1.]
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ARMISTICE. 153

cœur : elle n’irait pas s’y asseoir avec lui. Si on faisait un Octob. teoo.jour le général Bonaparte roi ou empereur, ce serait évidem-ment sous prétexte de donner à la France un gouvernementstable, en le rendant héréditaire; et malheureusement lesmédecins ne lui laissaient plus l’espérance d’avoir des enfants.

Elle se rappelait à ce sujet la singulière prédiction d’unefemme, espèce de pythonisse alors en vogue, qui lui avait dit:

Vous occuperez la première place du monde, mais pour peude temps. — Elle avait déjà entendu les frères du PremierConsul prononcer le mot fatal de divorce. L’infortunée, queles reines de l’Europe auraient pu envier, à ne juger de sonsort que par l’éclat extérieur dont elle était entourée, vivaitdans les plus affreux soucis. Chaque progrès de sa fortuneajoutait des apparences à son bonheur, et des chagrins à savie; et, si elle parvenait à échapper à ses peines cuisantes,c’était par une légèreté de caractère, qui la sauvait des pré-occupations prolongées. L’attachement du général Bonapartepour elle, ses brusqueries, quand il s’en permettait, réparéesà l’instant même par des mouvements d’une parfaite bonté,finissaient aussi par la rassurer. Entraînée d’ailleurs, commetous les gens de ce temps, par un tourbillon étourdissant, ellecomptait sur le dieu des révolutions, sur le hasard; et, aprèsde vives agitations, elle revenait à jouir de sa fortune. Elleessayait, en attendant, de détourner son mari des idées d’unegrandeur exagérée, osait même lui parler des Bourbons, saufà essuyer des orages, et, malgré ses goûts, qui auraient dûlui faire préférer M. de Talleyrand à M. Fouché, elle avait prisce dernier en gré, parce que, tout jacobin qu’il était, disait-elle, il osait faire entendre la vérité au Premier Consul; et àses yeux (aire entendre la vérité au Premier Consul, c’étaitlui conseiller la conservation de la République, sauf à au-gmenter son pouvoir consulaire. MM. de Talleyrand et Fou-ché, croyant se rendre plus forts en pénétrant dans la familledu Premier Consul, s’y introduisaient en flattant chaque cûté