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[Vol. 1.]
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ARMISTICE.

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pagnons. Cette fois ils s’en chargèrent eux-mêmes, et appor- octob. isoo-lèrent des poignards achetés par Topino-Lebrun. Enfin ilsfirent choix du lieu pour frapper le Premier Consul, et ce futl’Opéra, nommé alors théâtre des Arts. Us fixèrent le moment,et ce fut le 10 octobre (18 vendémiaire an ix), jour où le Pre-mier Consul devait assister à la première représentation d’unopéra nouveau. La police avertie, avait pris ses précautions.

Le Premier Consul se rendit au théâtre de l’Opéra, suivi deLannes, qui, veillant sur lui avec la plus grande sollicitude,avait doublé la garde, et placé autour de sa loge les plusbraves de ses grenadiers. Les prétendus assassins vinrenten effet au rendez-vous, mais pas tous, et pas armés. Topino-Lebrun n’y était pas, Demerville non plus. Àréna et Ceracchise présentèrent seuls. Ceracchi s’était plus approché que lesautres de la loge du Premier Consul, mais il était sans poi-gnard. Il n’y avait de hardis, de présents sur les lieux, etd’armés, que les conspirateûrs placés par la police sur lethéâtre du crime. On arrêta Ceracchi, Aréna, et successive-ment tous les autres, mais la plupart chez eux, ou dans lesmaisons dans lesquelles ils étaient allés chercher un refuge.

Cette affaire produisit un grand éclat; elle ne le méritaitpas. Certainement, la police, que les hommes ignorants, étran-gers à la connaissance des choses, accusent ordinairement defabriquer elle-même les complots qu’elle découvre, la policen’avait pas inventé celui-ci, mais on peut dire qu’elle y avaitpris trop de part. Les conspirateurs souhaitaient sans aucundoute la mort du Premier Consul, mais ils étaient incapablesde le frapper de leurs propres mains, et en les encourageant,en leur fournissant ce qui était le plus difficile à trouver, deprétendus exécuteurs, on les avait entraînés dans le crime,plus qu’ils ne s’y seraient engagés, si on les avait livrés à eux-mêmes. Si tout cela no devait aboutir qu’à une punition sé-vère mais temporaire, comme on doit l’infliger à des fous,soit; mais les envoyer à la mort par une telle voie, c’était plus