ARMISTICE.
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le monde pensait; mais il exigeait de la France un aveu qu’un Ootob. îæo.orgueil fort légitime ne lui permettait pas encore de faire. Onavait aboli, huit ans auparavant, une royauté de quatorzesiècles, et il fallait sitôt venir avouer aux pieds d’un généralde trente ans, qu’on s’était trompé, et le prier de faire re-vivre cette royauté dans sa personnel On voulait bien luidonner un pouvoir égal à celui des rois, mais il fallait aumoins sauver les apparences, ne fiit-ce que dans l’intérêt dela dignité nationale. D’ailleurs, ce jeune guerrier avait rem-porté d’admirables victoires, déjà rendu un commencementde sécurité au pays ; mais il commençait à peine la réconcilia-tion des partis, la réorganisation de la France, la rédaction deses lois; il n’avait surtout pas encore donné la paix au monde.
Il lui restait donc bien des titres à conquérir, qu’il était assuré,d’ailleurs, de réunir bientôt sur sa glorieuse tête.
L’impression fut générale et pénible. De tous côtés lespréfets mandèrent que l’écrit produisait un fâcheux effet,qu’il donnait quelque raison à la faction démagogique, queles Césars provoquaient des Brutus, que la brochure étaitimprudente et regrettable. A Paris, l’impression était la même.
Dans le sein du Conseil d’État, la désapprobation ne se cachaitpoint. Le Premier Consul, soit qu’il eût pris part au pam-phlet, soit qu’il eût été compromis à son insu par des amisimpatients et mal-adroits, crut devoir le désavouer, surtoutaux yeux du parti révolutionnaire. Il appela M. Fouché, etlui demanda publiquement comment il laissait circuler de telsécrits. — Je connais l’auteur, répondit le ministre. — Si vousle connaissez, reprit le Premier Consul, il fallait le mettre àVincennes. — Je ne pouvais pas le mettre à Vincennes, ajoutaM. Fouché, car c’était votre propre frère. — A ce mot, legénéral Bonaparte se plaignit amèrement de ce frère, quil’avait déjà compromis plus d’une fois. L’aigreur s’ensuività l’égard de Lucien Bonaparte. Un jour, celui-ci n’ayant pasété exact à un conseil de ministres, ce qui lui arrivait souvent.