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LIVRE VII.
Octob. 1800 . On attendait avec impatience M. de Cobentzel à Lunéville,pour savoir si sa cour était disposée à conclure la paix. LePremier Consul, s’il n’était pas satisfait de la marche des né-gociations, était décidé à reprendre les hostilités, quelqueavancée que fût la saison. Il ne comptait plus les obstaclespour rien, depuis qu’il avait franchi le Saint-Bernard, et croyaitqu’on pouvait se battre sur la neige et la glace, aussi bien quesur une terre couverte de verdure ou de moissons. L’Autri-che, au contraire, désirait gagner du temps, parce qu’elles’était engagée avec l’Angleterre à n’accepter aucune paix sé-parée , avant le mois de février suivant, c’est-à-dire février1801 (pluviôse an ix). Craignant fort la reprise des hostilités,elle venait de faire demander une troisième prolongation d’ar-mistice. Le Premier Consul avait péremptoirement refusé,par le motif que M. de Cobentzel n’était pas encore arrivé àLunéville. 11 ne voulait se laisser vaincre à cet égard, quelorsqu’il verrait le plénipotentiaire autrichien, rendu surArrivée le lieu même de la négociation. Enfin M. de Cobentzel arriva
de
m. de cobentzel le 24 octobre 1800 à Lunéville. 11 fut reçu à la frontière et
à Lunéville. t 4
sur toute la route, au bruit du canon, et avec do grands té-moignages de considération. Le général Clarke avait été nommégouverneur de Lunéville, pour en faire les honneurs aux mem-bres du congrès, et pour qu’il pût s’acquitter convenablementde ce soin, on avait mis à sa disposition des fonds et debeaux régiments. Joseph s’y était rendu de son côté, accom-pagné de M. de Laforét pour secrétaire. A peine M. de Co-bentzel était-il arrivé, que le Premier Consul, tenant à se con-vaincre par lui-même des dispositions du négociateur autri-chien, lui adressa l’invitation de venir passer quelques joursà Paris. M. de Cobentzel 1 n’osa pas s’y refuser, et s’ache-mina vers Paris avec beaucoup de déférence. Il y était rendu
1 Napoléon a dit à Sainte-Hélène que M. de Cobentzel avait voulu venir àParis pour gagner du temps. C’est une erreur de mémoire. La corrcspondance diplomatique prouve le contraire.