IIOHENLINDEN.
183
mes, et placée sous les ordres du général Grenier, sur la grande Not - 18ü0>route de Munich à Mtlhldorf, par Hohenlinden, Haag et Am-pfing, lui faisant occuper ainsi les pentes de cette espèce deplateau, qui s’étend entre les deux fleuves. Son centre, qu’ilcommandait en personne, et qui s’élevait à environ 34 millehommes l , occupait la route directe de Munich à Wasserbourgpar Ebersberg. L’aile droite, sous Lecourbe, d’environ 26mille hommes, était placée le long de l’Inn supérieur, auxenvirons de llosenheim, observant le Tyrol par une division.
Moreau n’avait par conséquent sous sa main que sa gaucheet son centre, à peu près 60 mille hommes. Il avait mis sonarmée en mouvement, pour faire une forte reconnaissancedepuis Rosenheim jusqu’à Mtlhldorf, et pour forcer l’ennemi àdévoiler ses intentions. Moreau, qui ne savait pas, comme legénéral Bonaparte, deviner les projets de son adversaire, oules dicter lui-même en prenant fortement l’initiative, Moreauétait réduit à tâtonner, pour découvrir ce qu’il ne savait nideviner ni commander. Mais il s’avançait prudemment, et,s’il était surpris, réparait vite, avec un grand calme, le dom-mage de la surprise.
Les journées des 29 et 30 novembre (8, 9 frimaire an ix)furent employées par l’armée française à reconnaître la lignede l’Inn, par l’armée autrichienne à franchir cette ligne, et àtraverser le bas pays, entre l’Inn, le Danube et l’Isar. Moreauforça les avant-postes autrichiens à se replier, porta sa droitesous Lecourbe à Rosenheim, son centre sous ses ordres di-rects à Wasserbourg, sa gauche sous Grenier sur les hauteursd’Ampfing. De ces hauteurs on domine, mais de très-loin, lesbords de l’Inn. La gauche de l’armée française était un peucompromise; car, en voulant suivre le mouvement de l’Innjusqu’à Miihldorf, elle était à quinze lieues de Munich, tandis
1 I.e centre était de 30 mille hommes; mais la division polonaise de Knia-cewitz, qui avait rejoint le général Decaen, et la réserve d'artillerie, devaientle porter à 34 ou 35 mille hommes environ.