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LIVRE VII.

i)<?c. 1800. Bonaparte. Il n’indiquait pas la route à suivre, ne prévoyaitaucun des accidents possibles; il laissait tout à faire à l’intelli-gence des généraux Decaen et Richepanse. On pouvait, dureste, s’en lier à eux, du soin de suppléer à tout ce que nedisait pas le général en chef. Moreau prescrivit en outre àRecourbe, qui formait sa droite vers le Tyrol, au généralSainte-Suzanne, qui formait sa gauche vers le Danube, de serapprocher en hâte du lieu sur lequel allait se passer l’événe-ment décisif de la campagne. Mais l’un se trouvait à quinzelieues au moins, l’autre à vingt-cinq, et ils étaient, par con-séquent, hors de portée. Ce n’est pas ainsi qu’en agissait legénéral Bonaparte, la veille des grandes batailles; il ne laissaitpas, dans de pareils moments, une moitié de ses forces à detelles distances. Mais, pour amener à temps, sur le point oùse décident les destinées, toutes les parties dont se composeune armée nombreuse, il faut une prévoyance supérieure,que les plus grands hommes possèdent seuls, et sans laquelleon peut être encore un excellent général. Moreau allait com-battre près de 70 mille Autrichiens avec moins de 60 milleFrançais: c’était plus qu’il n’en fallait, avec les soldats dontse composaient alors nos légions.

Dispositions de L’archiduc Jean, ignorant tout cela, était enivré de son

l'archiduc Jean.

succès du 1 er décembre (10 frimaire). Il était jeune, et il avaitvu rétrograder devant lui cette redoutable armée du Rhin,que, depuis bien des années, les généraux autrichiens n’a-vaient plus l’art d’arrêter. Il se reposa le 2 décembre (11 fri-maire), ce qui laissa le temps à Moreau de faire les disposi-tions que nous venons de rapporter ; et il prépara tout, pourtraverser dans la journée du 3 décembre (12 frimaire), la vasteforêt de Hohenlinden. Ce général, un peu nouveau dans Saprofession, n’imaginait pas que l’armée française pût lui op-poser la moindre résistance, sur la route qu’il allait parcourir.Tout au plus croyait-il la trouver en avant do Munich.

Il divisa son armée en quatre corps. (Voir la carte n" 16.)