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LIVRE VII.

Dec. 1800.

Position de l’ar-chiduc Jean de-vant Salzbourg,et danger de Re-courbe.

ment, malgré toutes les difficultés que lui présentait ce paysmontueux, coupé de bois, de rivières, de lacs, pays difficileen tout temps, mais plus difficile encore au milieu de dé-cembre. L’armée autrichienne, quoique frappée de tant derevers, se maintenait cependant. Le sentiment de l’honneur,réveillé par le danger de la capitale, lui fit tenter encore denobles efforts pour nous arrêter. La cavalerie autrichiennecouvrait la retraite, chargeant avec vigueur les corps françaisqui s’avançaient trop témérairement. On passa l’Alz, qui porteles eaux du lac de Chiem-Sée dans l’Inn; on franchit Traun-stein ; on arriva enfin près de la Salza, pas loin de Salzbourg.

Il restait là, devant Salzbourg même, une forte position àoccuper. L’archiduc Jean crut pouvoir y concentrer ses trou-pes, éspérant leur ménager un succès, qui relèverait leur cou-rage , et ralentirait un peu l’audacieuse poursuite des Fran-çais. Il s’y concentra en effet le 13 décembre (22 frimaire).

La ville de Salzbourg est placée sur la Salza. (Voir la carten° 15.) En avant de cette rivière coule une autre petite rivière,la Saal, qui descend des montagnes voisines, et vient se joindreà la Salza au-dessous de Salzbourg. Le terrain entre les deuxcours d’eau, est uni, marécageux, couvert de bouquets de bois,d’un accès partout difficile. C’est là que l’archiduc Jean avaitpris position, la droite à la Salza, la gauche aux montagnes,le front couvert par la Saal. Son artillerie battait cette plageunie. Sa cavalerie, rangée sur les parties découvertes clsolides du terrain, était prêle à charger les corps français,qui oseraient prendre l’offensive. Son infanterie était solide-ment appuyée à la ville de Salzbourg.

Le 1 i au matin, Lecourbe, entraîné par son ardeur, franchità gué la Saal, essuya plusieurs charges de cavalerie sur lesgrèves qui bordent la rivière, et les supporta bravement; maisbientôt, le brouillard épais qui couvrait la plaine se dissipant,il aperçut en avant de Salzbourg une ligne formidable do ca-valerie, d’artillerie et d’infanterie. C’était l’armée autrichienne