LIVRE HUITIÈME.
MACHINE INFERNALE.
Complots diriges contre la vie du Premier Consul. — Trois agents de Georges,les nommés Carbon, Saint-Réjant, Limoelan, forment le projet de faire périrle Premier Consul par l’explosion d’un baril de poudre. — Choix de la rueSaint-Nicaise et du 3 nivôse, pour l’exécution de ce crime. — Le PremierConsul sauvé par la dextérité de son cocher. — Emotion générale. — Lecrime attribué aux révolutionnaires, et aux faiblesses du ministre Fouchépour eux. — Déchaînement des nouveaux courtisans contre ce ministre. —Son silence et son sang-froid. — Il découvre en partie la vérité, et la faitconnaître; mais on n’en persiste pas moins à poursuivre les révolutionnaires.
— Irritation du Premier Consul. — Projet d’une mesure arbitraire. — Dé-libération à ce sujet dans le sein du Conseil d’Etat. — On se fixe après delongues discussions, et on aboutit à la résolution de déporter un certainnombre de révolutionnaires sans jugement.— Quelques résistances, maisbien faibles, opposées à cet acte arbitraire. — On examine s’il aura lieupar une loi, ou par une mesure spontanée du gouvernement, déférée seule-ment au Sénat, sous le rapport de la constitutionnalité. — Ce dernier projetl'emporte. — La déportation prononcée contre cent trente individus quali-fiés de Terroristes. •—• Fouché, qui les savait étrangers à l’attentat du 3 ni-vôse, consent néanmoins à la mesure qui les proscrit.— Découverte desvrais auteurs de la machine infernale. — Supplice de Carbon et Saint-Réjant. — Injuste condamnation de Topino-Lebrun, Aréna etc. — Sessionde l'an xx. — Nouvelles manifestations de l’opposition dans le Tribunat. —Loi des tribunaux spéciaux pourla répression du brigandage sur les grandesroutes. — Plan de finances pour la liquidation des années v, vi, vu et vin.
— Budget de l'an xx. — Règlement définitif delà dette publique. — Rejet parle Tribunat, et adoption par le Corps législatif, de ce plan de finances. —Sentiments qu’éprouve le Premier Consul. — Continuation de ses travauxadministratifs. — Routes. — Canal de Saint-Quentin.— Ponts sur la Seine.
— Travaux du Simplon. — Religieux du grand Saint-Bernard établis auSimplon et au Mont-Cenis.
Tandis que la situation extérieure de la France devenaittous les jours plus brillante, que l’Autriche et l’Allemagnesignaient la paix, que les puissances du Nord se liguaient avecnous pour résister à la domination maritime de l’Angleterre,que le Portugal et le royaume de Naples se fermaient pourelle, et que tout enfin réussissait comme à souhait à un gou-vernement victorieux et modéré, la situation intérieure offraitle spectacle, quelquefois horrible, des dernières convulsionsdes partis expirants. On a déjà vu, malgré la prompte réorga-