Band 
[Vol. 1.]
Seite
236
JPEG-Download
 

236

LIVRE VIII.

née. 1800 . nisation du gouvernement, le brigandage infestant les grandesroutes, et les factions au désespoir, essayant l’assassinat

Les derniers contre la personne du Premier Consul. C’étaient là les consé-

efforts

des partis, quences inévitables de nos anciennes discordes. Les hommes

diriges contre

ia personne (jQo la guerre civile avait formés au crime, et qui ne pouvaientpremier Consul. p] us se r( i s jg ner une v i e paisible et honnête, cherchaientune occupation sur les grands chemins. Les factions abattues,désespérant de vaincre les grenadiers de la garde consulaire,essayaient de détruire, par des moyens atroces, l’invincibleauteur de leur défaite.

Affreux Le brigandage s’était encore accru à l’approche de l’hiver.

brigandages

sur les grandes On ne pouvait plus parcourir les routes, sans s’exposer à yêtre pillé ou assassiné. Les départements de la Normandie,de l’Anjou, du Maine, de la Bretagne, du Poitou, étaient commejadis les théâtres de ce brigandage. Mais le mal s’était pro-pagé. Plusieurs départements du centre et du Midi, tels queceux du Tarn, de la Lozère, de l’Aveyron, de la haute Garonne,de l’Hérault, du Gard, de l’Ardèche, de la Drôme, de Vaucluse,des Bouches-du-Rhône, des Hautes et Basses-Alpes, du Var,avaient été infestés à leur tour. Dans ces départements, lestroupes de brigands s’étaient recrutées des assassins du Midi,qui, sous prétexte de poursuivre les Jacobins, égorgeaientpour les voler, les acquéreurs de biens nationaux; des jeunesgens qui ne voulaient pas obéir à la conscription, et de quel-ques soldats que la misère avait chassés de l’armée de Ligurie,pendant le cruel hiver de 1799 à 1800. Ces malheureux, unefois engagés dans cette vie criminelle, y avaient pris goût, etil n’y avait que la force des armes, et la rigueur des lois, quipussent les en détourner. Ils arrêtaient les voitures publiques ;ils enlevaient chez eux les acquéreurs de biens nationaux,souvent aussi les propriétaires riches, les transportaient dansles bois, comme le sénateur Clément de Ris, par exemple,qu’ils avaient détenu pendant vingt jours, faisaient subird’horribles tortures à leurs victimes, quelquefois leur brûlaient