MACHINE INFERNALE.
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Dans ce moment, en effet, le Premier Consul, épuisé de Dec. isoo.travail, hésitait à se rendre à l’Opéra. Mais il se laissa per-suader par les vives instances de ceux qui l’entouraient, etpartit des Tuileries à huit heures un quart. Les générauxLannes, Berthier et Lauriston l’accompagnaient. Un détache-ment de grenadiers à cheval lui servait d’escorte. Heureuse-ment ces grenadiers suivaient la voiture au lieu de la précéder.
Elle arriva dans le passage étroit de la rue Saint-Nicaisc, sansavoir été annoncée, ni par le détachement, ni par les com-plices eux-mêmes. Ceux-ci ne vinrent pas prévenir Saint-Réjant, soit que la peur les en eût empêchés, soit qu’ilsn’eussent point reconnu l’équipage du Premier Consul. Saint-Réjant lui-même n’aperçut la voiture que lorsqu’elle avait unpeu dépassé la machine. Il fut vivement heurté par un desgardes à cheval, mais il ne se déconcerta pas, mit le feu, etse hâta de s’enfuir. Le cocher du Premier Consul, qui était Le PremierCon
sul sauvé par la
fort adroit, et qui conduisait ordinairement son maître avec dexteïite de son
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une extrême rapidité, avait eu le temps de franchir l’un destournants de la rue, quand l’explosion se fit tout à coup en-tendre. La secousse fut épouvantable ; la voiture faillit êtrerenversée; toutes les glaces furent brisées; la mitraille vintdéchirer la façade des maisons voisines. Un des grenadiersà cheval reçut une légère blessure, et une quantité de per-sonnes mortes ou mourantes encombrèrent sur-le-champ lesrues d’alentour. Le Premier Consul et ceux qui l’accom-pagnaient crurent d’abord qu’on avait tiré sur eux à mitraille;ils s’arrêtèrent un instant, surent bientôt ce qui en était, etcontinuèrent leur route. Le Premier Consul voulut se rendreà l’Opéra. 11 montra un visage calme, impassible, au milieude l’émotion extraordinaire, qui de toutes parts éclatait dansla salle. On disait déjà que, pour l’atteindre, des brigandsavaient fait sauter un quartier de Paris.
Il ne resta que peu de moments à l’Opéra, et revint immé-diatement aux Tuileries, où, sur le bruit de l’attentat, une
TOIT. II.