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LIVRE VIII.

Dec. 1800. «tic de la population de la capitale, la punition sera aussi« prompte que terrible. Assurez, en mon nom, le peuple de« Paris, que cette poignée de scélérats dont les crimes ont« failli déshonorer la liberté, sera bientôt réduite à l’impuis-« sance de nuire.»

Cri de vengeance Tout le monde applaudissait à ces paroles de vengeance,

general contre ,

les car il n’y avait personne qui, pour son compte, n en proférât

auteurs du crime.

de pareilles. Les gens sages entrevoyaient avec peine que lelion en colère franchirait peut-être la barrière des lois ; maisla multitude demandait des supplices. Dans Paris l’agitationétait extrême. Les royalistes rejetaient le crime sur les révo-lutionnaires, et les révolutionnaires sur les royalistes. Les unset les autres étaient de bonne foi, car le crime était demeuré lesecret profond de ses auteurs. Chacun dissertait sur ce sujet, et,suivant son penchant à condamner tel parti plutôt que tel autre,trouvait des raisons également plausibles pour accuser les roya-listes ou les révolutionnaires. Les ennemis de la Révolution, tantanciens que nouveaux, disaient que les Terroristes avaient puseuls inventer un forfait aussi atroce, et citaient comme preuveconcluante de leur opinion, la machine de l’armurier Cheva-lier, récemment découverte. Les gens sages, au contraire,restés fidèles à la Révolution, demandaient pourquoi les bri-gands de grandes routes, les Chauffeurs, qui commettaienttant de crimes, qui chaque jour déployaient un raffinementde cruauté sans exemple, et venaient notamment d’enlever lesénateur Clément de Ris, pourquoi ces hommes ne pourraientpas être, aussi bien que les prétendus Terroristes, les auteursde l’horrible explosion de la rue Saint-Nicaise. l)u reste, ilfaut ajouter que les esprits calmes pouvaient à peine se faireécouter en ce moment, tant l’opinion générale était émue, ettendait à condamner le parti révolutionnaire. Mais, le croi-rait-on? au milieu de ce conflit d’imputations diverses, il yavait, des deux côtés, des hommes assez légers, ou assez per-vers, pour tenir un tout autre langage. Certains royalistes