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[Vol. 2.]
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K V A C U A T 10 N DE L’EGYPTE.

Il

avec la France, l’indemnité promise aux princes allemands, Avril isoi.pour leurs pertes territoriales à la gauche du Rhin. Rien detout cela ne présentait de difficultés, car le Premier Consul yavait déjà consenti. M. de Kalitcheff fut rappelé, et on choisitpour le remplacer M. de Markoff, homme d’esprit, mais, sousle rapport des formes, ne valant pas mieux que son prédé-cesseur.

Duroc, envoyé pour féliciter le nouvel empereur, trouva,en arrivant à Pétersbourg, tous ces points résolus, et reçut,tant des ministres que du monarque lui-même, un excellentaccueil. Sa bonne tenue, son intelligence, réussirent en Rus-sie comme en Prusse, et il sut inspirer l’estime et la confiance.

Après les audiences d’apparat, il obtint plusieurs entretiensparticuliers, dans lesquels Alexandre mit une sorte de coquet-terie à se montrer à découvert devant le représentant du Pre-mier Consul. Un jour, notamment, dans Pun des jardins pu- secret entretienblics de Saint-Pétersbourg, ce prince aperçut Duroc, alla vers avec d»™.lui, le traita avec une familiarité pleine de grâce, fit éloignerses officiers, et, le conduisant dans un lieu écarté, semblas’expliquer avec un complet abandon. — Je suis, lui dit-il,ami de la France, et depuis long-temps. J’admire votre nou-veau chef, j’apprécie ce qu’il fait pour le repos de son pays etl'affermissement de l’ordre social en Europe. Ce n'est pas demoi qu’il pourra craindre une nouvelle guerre entre les deuxempires. Mais qu’il me seconde, et cesse de fournir des pré-textes à tous les jaloux de sa puissance. Vous le voyez, j’aifait des concessions. Je ne parle plus de l’Égypte; j’aimemieux qu’elle soit à la France qu’à l’Angleterre ; et si, par mal-heur, les Anglais s’en emparaient, je me joindrais à vous pourla leur arracher. J’ai renoncé à Malte, afin de supprimer l’unedes difficultés qui entravaient la paix de l’Europe. Je suis liéaux rois de Piémont et de Naples par des traités; je sais qu’ilsont eu des torts envers la France; mais que vouliez-vous qu’ilsfissent, entourés et dominés, comme ils l’étaient, par l’Angle-