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[Vol. 2.]
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EVACUATION DE L'ÉGYPTE.

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rapports, crurent que les Français avaient navigué vers Saint-Domingue. L’amiral Calder se dirigea donc vers les Canaries,pour de là se porter aux Antilles. Pendant ce temps Gan-teaumo avait embouché le détroit, et rangeait la côte d’Afrique,pour se dérober aux croiseurs anglais de Gibraltar. Les ventsne le secondaient pas suffisamment, mais l’occasion était favo-rable pour remplir sa mission, car l’amiral anglais Warren,qui croisait sans cesse de Gibraltar à Malion, n’avait guèreque 4 vaisseaux, tout le reste des forces anglaises étant, avecl’amiral Keith, employé au transport de l’armée de débarque-ment. Malheureusement Ganteaume ignorait ces détails, et lagrave responsabilité qui pesait sur sa tête, lui causait un troubleinvolontaire, que jamais les boulets n’avaient produit dans sonintrépide cœur. Incommodé par deux bâtiments ennemis quiétaient venus l’observer de trop près, le cutter le Sprightlyet la frégate le Succès , il leur donna la chasse, et les prit tousles deux. Enfin il passa le détroit, et entra dans la Méditer-ranée. 11 n’avait plus qu’à forcer de voiles, et à plonger versl’Orient. L’amiral Warren, en effet, était blotti dans la radede Mahon, et l’amiral Keith, embarrassé de deux cents trans-ports, n’avait pas encore quitté les parages de l’Asie-Mineure.Les rivages de l’Égyte étaient donc libres, et l’on pouvait por-ter à l’armée française les secours qu’elle attendait impatiem-ment, et qu’on lui annonçait depuis long-temps. Mais Gan-teaume, toujours inquiet du sort de son escadre, et plus encoredu sort des nombreux soldats qu’il avait à son bord, se trou-blait à la vue des moindres bâtiments qu’il rencontrait. Sup-posant entre lui et l’Égypte une escadre ennemie qui n’y étaitpas, il était surtout effrayé de l’état de ses vaisseaux, et crai-gnait, s’il fallait précipiter sa marche devant un ennemi su-périeur, de ne le pouvoir pas avec des mâtures endommagéespar la tempête, et hâtivement réparées à la mer. Il avait doncperdu toute confiance. Mécontent de la frégate la Bravourequi ne marchait pas assez bien à son gré, il voulut s’en dé-

Avril 1801.

Ganteaumefranchitheureusementle détroitde Gibraltar.