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[Vol. 2.]
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ÉVACUATION DE L'ÉGYPTE. 37

" V - 1 /ü

Ja prévoyance du Premier Consul, qui faisait noliser des navi- Avril ira.res de commerce dans tous les ports, il ne se passait pas unesemaine sans qu’il entrât dans Alexandrie quelques bâtimentsplus ou moins grands, qui apportaient des munitions, desdenrées d’Europe, des journaux, la correspondance des fa-milles, et les dépêches du gouvernement. Par suite de cescommunications fréquentes, la patrie était comme présente àtous les esprits. Sans doute, le regret s’en éveillait prompte-ment dans les cœurs, lorsqu’une occasion venait les émouvoir.

A la mort de Kléber, par exemple, lorsque le général Menouprit le commandement, tous les yeux se tournèrent encoreune fois vers la France. Un général de brigade, présentantses officiers à Menou, lui demanda s’il songerait enfin à lesramener dans leur patrie. Menou le gourmanda vivement,proclama dans un ordre du jour sa résolution formelle de seconformer aux intentions du gouvernement, qui étaient degarder la colonie à jamais, et tous les cœurs se soumirent denouveau. Mais, par-dessus tout, le général Bonaparte occupaitle pouvoir: c'était toujours pour les anciens soldats d’Italie, lameilleure raison de se confier, et d’espérer.

La solde était au courant, les denrées à bas prix. Au lieu L’armee vit clans

l’abondance.

de fournir la paye du soldat en vivres, on la lui donnait enargent. On ne lui fournissait que le pain en nature. 11 avaitainsi le bénéfice du bon marché, et il vivait dans la plusgrande abondance, mangeant le plus souvent de la volaille aulieu de la viande de boucherie. Le drap manquait; mais, vula chaleur du climat, on y suppléait, pour une partie de l’ha-billement, avec de la toile de coton, fort abondante en Égypte.

Pour le reste, on avait pris tous les draps apportés par lecommerce en Orient, quelle que fût leur couleur. 11 en résul-tait quelque diversité dans l’uniforme ; on voyait, par exemple,des régiments habillés en bleu, en rouge, en vert; mais enfinle soldat était vêtu, et présentait même une belle tenue. Lesavant colonel Conte rendait à l’armée de «ronds services, par