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[Vol. 2.]
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LIVRE X.

Avril ItOl.

Il nu prendaucunedes mesurescommandéespar lescirconstances.

Pointsd'attaquescontre l'Egypte,et moyens d’ypourvoir.

mulée, qui, on les occupant, aurait ralenti leurs efforts. Menoune songea pas plus à ce moyen qu’aux autres.

Quant aux mesures administratives et militaires que récla-mait la circonstance, il ne sut en prendre aucune à propos.11 fallait d’abord faire à Alexandrie, à Rosette, à Damiette, àRamanieh, au Kaire, partout où l’armée pourrait être rassem-blée, de grands approvisionnements de guerre, toujours facilesdans un pays aussi abondant que l’Égypte. Menou s’y refusa,ne voulant rien détourner du service de la solde, qu’il avaitpromis de tenir à jour, et que la difficulté de percevoir lesnouveaux impôts permettait tout juste d’acquitter en cet in-stant. Il fallait remonter la cavalerie et l’artillerie, ressourceprincipale contre une armée de débarquement, ordinairementdépourvue de ces deux armes. 11 s’y refusa par les mômesraisons financières. 11 poussa même l’imprévoyance, jusqu’àchoisir ce moment pour faire couper les chevaux d’artillerie,qui étaient entiers, et que leur fougue rendait incommodes.

Enfin Menou s’opposa aux concentrations de troupes, quela santé des soldats rendait convenables dans cette saison,quand bien même aucun danger n’aurait menacé l’Égypte.En effet quelques signes de peste avaient été aperçus. Cam-per les troupes, et les tirer des villes était urgent, indépen-damment du besoin de les rendre plus mobiles. L’armée ré-pandue dans les garnisons, ou inutilement amassée au Kaire,ou employée à la perception du miri, n’était nulle part enmesure d’agir. Et cependant en bien disposant des 23 millehommes qui lui restaient, et dont 17 ou \ 8 mille étaient capa-bles de servir activement, Menou était en mesure de défendrepartout l’Égvpte avec avantage. 11 pouvait être attaqué parAlexandrie à cause de la rade d’Aboukir, située dans le voi-sinage, et toujours préférée pour les débarquements; par Da-miette, autre point propre aux atterrages, quoique beaucoupmoins favorable que celui d’Aboukir; enfin par la frontièrede Syrie, où le visir se trouvait avec les débris de son armée.